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Notre classe

Pour sauver l'usine !

Ford Blanquefort. Un repreneur pas si "crédible" : la seule perspective, c’est la lutte !

Au moins, les choses sont claires. Ford préfère fermer son usine de Blanquefort plutôt que de négocier une reprise par le Strasbourgeois Punch. De son côté, le gouvernement au nom de Lemaire et Juppé disent être « en désaccord total » y voit une opportunité bien commode pour « rejeter » la responsabilité sur la multinationale américaine. Une illustration de plus que seuls les ouvriers pourront, par les grèves, construire le rapport de force face à Ford pour maintenir l’ensemble des emplois.

Ce lundi 15 octobre, les ouvriers de Ford étaient reçus par la préfecture avec Bruno Lemaire. Après la proposition de reprise incitée par l’État, qui s’est chargé de trouver un nouveau repreneur, Punch Powerglide, la direction de Ford a refusé cet accord. Lemaire, suivi par Juppé et Rousset, a affirmé qu’il était inacceptable de refuser une telle proposition. Le gouvernement, qui n’a eu cesse de faciliter les licenciements avec ses ordonnances XXL et autres loi de précarisation, appelle même à « faire du bruit ». Une manière pour le moins commode de « rejeter » la responsabilité sur la multinationale américaine et de « redorer » le blason terni d’un gouvernement affaibli, ou encore d’améliorer son image à des fins purement électorales pour Alain Juppé, qui prépare les élections municipales.

S’il est clair qu’il ne faut se faire aucune illusions sur les déclarations de ceux qui n’ont eu cesse de casser l’emploi, l’éventualité que la Région Nouvelle-Aquitaine et Bordeaux-Métropole proposent 12,5 millions d’euros pour « soutenir » un plan de reprise montre bien que, quand il faut trouver de l’argent pour sauver la face, on en trouve.

Au Comité d’Entreprise, on a remis aux salariés des documents décrivant le projet de Punch. Celui-ci prévoit en 3 ans une baisse de 30% des conditions sociales : 3 ans de gel des salaires, baisse de 12% des primes sur 3 ans, 13 jours de RTT retirés. D’autre part, comme si tout cela n’était pas déjà aberrant, Punch annonce qu’il refusera de financer la cantine. Mais la cerise sur le gâteau, c’est que Punch demande à la CGT de signer ce projet, sans quoi il n’y aurait pas de reprise. Du chantage, donc.

Par ailleurs, cette requête se heurte à une grande méconnaissance de la composition syndicale (en faisant mention des élections professionnelles de février, et exigeant la signature de la CGT en mars).

Dans le projet de Punch, ils ne seraient que 360 à conserver leurs emplois, soit un peu moins de la moitié des 900 salariés de l’usine. Sur les salariés qui ne retrouveraient pas leur emploi, environ 400 seraient susceptibles de partir en pré-retraite, et 150 autres pourraient être transférés sur l’usine voisine, Getrag Ford Transmissions (GFT). Les derniers seraient en formation ou au chômage.

L’investissement aurait pour objectif la production d’une boîte à 8 vitesses avec un premier versement en 2020, avant un investissement maximal à l’horizon 2024. Un ouvrier de Ford note "Je n’ai jamais vu une cadence aussi lente".

Le patron de Punch, Dumarey, de son coté, est très impatient. Il a pris l’avion le mardi 16 octobre pour être à Bordeaux à 9H30 dans une réunion officieuse au CE.

Au final, dans cette histoire, tout le monde y trouve son compte. Tout le monde, excepté les ouvriers de Ford et l’ensemble des emplois induits. Hier matin, il y avait 150 salariés à l’appel du débrayage, avec blocage de l’entrée des camions.

La Direction de Ford a menacé les salariés : s’ils ne font rien à la chaîne de production, ça ne l’intéresse pas ; s’ils perturbent les réunions, la Direction enlève deux heures de grève.

Le 25 octobre, la fédération métallurgie appelle à manifester contre la fermeture de l’usine et les licenciements, à Bordeaux Place de la République à 13H.

Tous dans la rue ! Solidarité avec les travailleurs !

Crédits photos : NICOLAS TUCAT / AFP




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