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Politique

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France Jamet, élue FN, aurait bénéficié d’un emploi fictif d’assistant parlementaire à Bruxelles

Tandis que le Front National est actuellement empêtré dans de multiples affaires d’emplois fictifs au parlement européen, le site d’information Le d’Oc a enquêté sur le cas de France Jamet, officiellement élue de l’opposition à Montpellier et dans les instances départementales et régionales de la ville, serait en fait rémunérée comme assistante de l’eurodéputée Jöelle Mélin. Une rémunération pour laquelle aucun témoin ne peut certifier à l’heure actuelle un travail effectif. Cette affaire vient s’ajouter à la longue liste d’affaire concernant le parti des Le Pen, qui tente pourtant de critiquer Fillon sur ses propres détournements de fonds.

C’est un nouveau scandale qui éclabousse le Front National, comme s’il n’était déjà pas détrempé par les affaires d’emplois fictifs, notamment celle de Gaël Nofri dont l’existence aurait de été bien connue par Marine Le Pen, ou celle du garde du corps de cette dernière qu’elle rémunérait plus de 6000€ par mois. France Jamet, fille d’Alain Jamet, un des co-fondateurs du FN avec Jean-Marie Le Pen, aurait bénéficié d’un emploi fictif comme assistante parlementaire de Joëlle Mélin, de 2014 à décembre 2016, ce que confirme le site du Parlement européen, qui la répertorie comme « assistance locale ». Un seul hic pour l’élue cumularde de Montpellier, qui siège aussi à la Métropole et la Région (où elle préside le groupe), personne ne l’a vu faire ce travail. Parmi tous les faux assistants du FN qui travaillaient en réalité pour le parti à Nanterre, cette membre du bureau politique du Front a-t-elle vraiment escroqué le Parlement comme les autres ?

Les témoignages de son entourage politique semblent en tout cas converger dans ce sens : que ce soit les élus, leurs collaborateurs, les journalistes amenés à travailler avec elles : tous, contactés par Le D’Oc réfute cette idée qu’elle aurait pu faire un tel travail. Pire, même celles et ceux qui étaient du parti ou sur les listes de celui-ci réfutent cette possibilité : Marie-Christine Aubet, secrétaire départementale du FN34 dit ne pas être au courant, et même les proches de son père, comme Charles Galtier, avoue ne pas être au courant d’une telle information. La justice enquêtait déjà sur de nombreuses affaires concernant le parti réactionnaire des Le Pen, elle en a maintenant une de plus sur la pile des détournements d’argent public du parti.

Ces affaires s’accumulant, le Front National prend de fait le risque qu’un jour vienne la goutte d’eau qui ferait déborder un vase que leur électeurs voient pour l’instant comme raisonnablement vide. Mais en réalité, pour une candidate qui se veut « anti-système », avoir les mêmes pratiques que son principal adversaire, Fillon, qui lui réagit face à l’affaire comme la frontiste, en se « lepénisant » à toute vitesse, reste plutôt mauvais dans le sens où elle prend le risque de finir comme son grand frère des Républicains. Une posture de laquelle elle tente de se sortir en criant au « complot politique de Bruxelles », une posture qu’a d’ailleurs repris France Jamet, expliquant que « les organismes comme Anticor [une association française anti-corruption] ont été créés pour empêcher le FN d’accéder au pouvoir »…




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