Notre classe

Haute-Vienne  : Délit de solidarité ? Ça suffit !

François, éducateur et militant CGT, licencié pour son soutien à un jeune menacé d’être à la rue

Publié le 9 octobre 2016

Nous publions ici un article originellement publié dans L’Anticapitaliste, journal hebdomadaire du NPA.
Crédit Photo : Lors d’une mobilisation précédente dans le département... DR

Octobre 2014, le conseil départemental de la Haute-Vienne décidait de supprimer le financement des contrats jeunes majeurs pour les jeunes ayant eu moins de 3 ans de prise en charge en tant que mineurs isolés.

Le 13 avril 2016, une trentaine de travailleurs sociaux et de militants manifestaient devant l’hôtel du département par solidarité pour un jeune qui, le jour de ses 18 ans, allait se retrouver sans domicile et dans l’incapacité de terminer ses études, comme c’est le cas pour des dizaines de jeunes depuis cette décision du département. Ce jeune était alors en pris en charge au CEFP du Vieux Collège de Magnac-Laval, centre de l’association AGE en Haute-Vienne. Les dirigeants du conseil départemental demandent alors au directeur du centre de « reprendre les choses en main ».

Début juin, 19 salariés d’AGE sont convoqués par ce directeur et se voient blâmés... pour avoir participé à une manifestation de solidarité ! En plus des blâmes, deux avertissements, une mise à pied de plusieurs jours, et François, éducateur chevronné et militant CGT, est licencié ! Un second licenciement est stoppé par l’inspection du travail pour cause de mandat syndical.

Abus de pouvoir et pressions

En matière de « compétences dictatoriales », la réputation du directeur n’est plus à faire. Il a déjà été condamné dans un emploi précédent pour comportements incompatibles avec les droits fondamentaux de la personne, et la démission d’un de ses salariés a été requalifiée en licenciement abusif.

Mais, que ce soit à cause d’un abus de pouvoir d’un dirigeant ou de pressions exercées par le conseil départemental sur l’association, il est inacceptable que des travailleurs soient sanctionnés et l’un des leurs licencié pour avoir manifesté une solidarité élémentaire envers un jeune menacé de se retrouver à la rue. Les syndicats demandent à juste titre la levée des sanctions.

Plusieurs actions de protestations ont eu lieu depuis juin, et mardi 27 septembre, une centaine de personnes ont participé à un rassemblement à Magnac-Laval. Pas question d’en rester là !