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Notre classe

Tous les moyens sont bons pour réprimer

Gard. 62 000 € d’amende pour les pompiers grévistes, pour dégradation… et vente de crêpes !

Les sapeurs pompiers du Gard ont été jugés coupables d’avoir vendu des crêpes sans permission et d’avoir dégradé la pelouse du parc Feucherès lors d’une journée caserne sauvage en guise de protestation. Ils revendiquaient des améliorations du matériel et plus de personnel d’intervention.

C’est une victoire à la Pyrrhus pour les pompiers du Gard, car bien qu’une bonne partie de leurs demandes aient été satisfaites, ou du moins les principales revendications, le jugement final a laissé perplexes les pompiers grévistes.

Selon France 3 régions, depuis trois semaines les pompiers étaient en grève. Ils avaient situé leur campement dans les jardins de la préfecture du Gard sur l’avenue Feuchères. Lundi 20 novembre un accord entre les organisations syndicales, le conseil départemental et le service départemental d’incendie et de secours a été signé, mettant en avant l’augmentation des interventions et des questions de sécurité. Ils demandaient notamment que le département, en charge à 59 % du budget du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis), augmente sa part de 1 % tout comme l’association des maires du Gard.

Dans ce protocole, le Conseil départemental, représenté par son président Denis Bouad, confirme « l’augmentation de 1% de la dotation annuelle du département pour porter cette dernière à 42 420 000 euros », soit 420 000 euros de plus que ce qui avait été signé en mars dernier, « afin notamment de tenir compte de l’activité en 2017 liée à la campagne feux de forêts ». Les véhicules vétustes, notamment ceux dédiés à la lutte contre les feux de forêts devraient être remplacés progressivement d’ici 2022.

« A l’issue de ce long conflit social, nous avons obtenu des garanties du département, c’est le service public qui en sort grandi », a estimé Nicolas Nadal du syndicat Sud.

Le soutien de la population a été un point essentiel pour la poursuite de la grève, ils ont réussi à collecter 20 000 signatures en 4 jours, et beaucoup de passants s’arrêtaient pour les soutenir dans leur démarche.

Mais à la suite de la grève, les pompiers ont eu une sacrée surprise. La ville de Nîmes, dont le maire est étiqueté Les Républicains, a innové en matière de répression. Tout d’abord, avec 17 000 euros d’amende pour une vente illégale… de crêpes, sur le domaine public ! A cette somme déjà ahurissante il faut ajouter pas moins de 45 000 euros supplémentaires pour occupation illégale du domaine public et dégradation de la pelouse. Soit un total de 62 000 euros.

Un exemple de plus de l’acharnement contre des grévistes, qui plus est après une victoire qui, semble-t-il, passe si mal que les arguments les plus vaseux sont mis en avant pour justifier la répression. La combativité des pompiers du Gard, qui a porté ses fruits sur le terrain de la lutte des classes, est un exemple à suivre. Seule la grève pourra briser les politiques d’austérité budgétaire à l’égard des organismes publics comme les hôpitaux, les écoles ou encore les pompiers. Et par-delà les revendications, c’est aussi par l’action collective qu’il sera possible de résister à des actes de répressions tel que ceux orchestrés par la mairie de Nîmes.




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