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Société

Malgré la canicule

Interdits de short, des chauffeurs de bus viennent en jupe et obtiennent gain de cause

Des chauffeurs de bus de la société de transport SEMITAN à qui l'on interdisait de porter des bermudas malgré la canicule se sont présentés au travail en jupe en signe de contestation et ont obtenu gain de cause ce jeudi 22 juin.

En période de canicule et sans climatisation, la température à l’intérieur des bus de la société de transport nantaise SEMITAN, peut atteindre 50°C rendant pénibles les conditions de travail des chauffeurs de bus, notamment masculins, à qui seul le port du pantalon est autorisé. Pour revendiquer leur droit de porter des bermudas, six chauffeurs CFDT se sont présentés au travail en jupe mardi 20 juin, tenue autorisée par la direction bien que généralement réservée aux femmes. Leur combat, relayé par les médias, d’abord nationaux puis internationaux, a porté ses fruits puisque les agents auront désormais le droit de porter un bermuda personnel mais uniquement en période de canicule. «  C’est une revendication que nous portons depuis 2013. Et pourtant une fois que le portillon est fermé, nous sommes des hommes troncs au volant de notre véhicule, rien ne se voit  » note Gabriel Magner, délégué CFDT de la SEMITAN, précisant que les bureaux de la direction, eux, sont climatisés.

Cet exemple victorieux d’acte militant auto-organisé dénonce aussi l’absurdité des codes vestimentaires hétéronormés dominants dans la société patriarcale. En effet, le port de la jupe au travail est considéré comme approprié car renvoyant la femme dans l’inconscient collectif à son rôle sexué et secondaire tandis que les hommes se doivent en toute circonstance de faire montre de leur statut d’êtres responsables, statut symboliquement associé au port du costume cravate. On se souvient d’ailleurs du mépris général exprimé à l’encontre de Philippe Poutou à l’issue du débat présidentiel à cause de sa tenue vestimentaire qui ne correspondait pas aux normes établies pour une personne prétendant à un rôle de responsabilité.

La société reste profondément ancrée dans un schéma binaire hétéronormé qui ne laisse place à aucune alternative. Cette illusion véhiculée par le patriarcat dominant ne correspond pourtant à aucune réalité concrète et il est indispensable de la remettre en cause afin de s’ouvrir aux possibilités infinies qu’offre l’existence humaine.

La victoire obtenue par les agents de la société SEMITAN est à saluer. Notons toutefois que dans l’idéal d’une société libérée des diktats de genre imposés par le patriarcat, un homme portant une jupe ne sera plus considéré comme un acte de rébellion.




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