Notre classe

Les centrales doivent écouter le mandat de la rue !

Intersyndicale du 3 mars. Il faut cesser de faire le jeu des plus frileux, refuser tout dialogue avec ce gouvernement et appeler à la grève dès le 9 !

Publié le 3 mars 2016

Les centrales de salariés et d’étudiants se sont réunies jeudi, comme prévu, en intersyndicale, après leur première rencontre du 22 février. On aurait pu espérer que celles-ci enterrent définitivement la position désastreuse qu’elles avaient pris en commun lors de ce premier rendez-vous. Mais plutôt que de répondre aux expectatives qui ont vu le jour depuis pour préparer la journée du 9 mars contre la loi Travail, avec le nombre record de signatures de la pétition, l’appel à la mobilisation des 21 organisations de jeunesse le 9 mars et l’appel de nombreuses structures syndicales à descendre dans la rue ce même jour, les directions syndicales ont laissé primer les plus modérés et collabos lors de cette rencontre et réaffirmer leur volonté de s’asseoir tranquillement avec le gouvernement pour négocier.

Sarah Macna

Suite à cette réunion intersyndicale, en effet, deux positions – en apparence opposées – sont apparues. D’un côté, la CFDT, la CGC, la CFTC, l’Unsa et la Fage ont signé un communiqué pour expliquer qu’ils désiraient «  travailler ensemble à des contre-propositions visant à la construction de droits nouveaux [et] à la réécriture de certains articles inacceptables en l’état ». Une stratégie qui consiste donc, même si le gouvernement affirme ne pas vouloir « dénaturer le texte », à grignoter les miettes. Cette logique se retrouve dans la date qu’ils proposent pour se mobiliser : ils appellent en effet à des rassemblements le 12 mars. De simples rassemblements, un samedi, cela est déjà bien ridicule, mais c’est aussi une journée qui n’a rien à voir avec les différents appels à la mobilisation qui sont déjà sortis ! Même si dans leur communiqué ces syndicats prétendent vouloir « peser pour que ce texte soit significativement modifié », ils font tout en réalité pour que les salariés se mobilisent en ordre dispersé.

De l’autre côté, la CGT, FO, la FSU, l’Unef et l’UNL ont refusé de signer ce communiqué, estimant selon la CGT le texte « trop flou ». Mais si cette prise de position paraît plus radicale, le porte-parole de la CGT se hâte néanmoins de préciser qu’« il faut partir sur de véritables négociations, pas que sur des réécritures d’articles. ». Ainsi, de la même manière, la logique que se sont données les organisations syndicales les plus « dures » est celle de la négociation… sans même daigner expliquer ce qu’il y aurait à négocier ! Par ailleurs, là encore, plusieurs dates de mobilisations sont ressorties, et en premier lieu le 9 et le 31. Mais pour la journée du 9 mars à Paris, la direction de la CGT a appelé à un autre horaire (12h30 au lieu de 14h) et un autre lieu (le siège du Medef, dans le 7ème arrondissement, et non République) que ceux issus des réseaux sociaux et relayés par les organisations de jeunesse pour la manifestation. L’enjeu, pour la capitale, est bien entendu que les mobilisations puissent converger en une grande manifestation.

Plus que jamais, il faut réclamer aux organisations syndicales qu’elles refusent le cadre d’un dialogue avec le gouvernement qui nous mène droit dans le mur et qu’elles respectent l’exigence du million de pétitionnaires, des équipes syndicales et des fédérations combatives qui appellent à la grève dès les 9 mars ainsi que des 21 organisations de jeunesse qui ont appelé à la manifestation ce même jour, et ce de façon à tout faire pour que nous puissions frapper tous ensemble, travailleurs, étudiants, lycéens, contre ce projet de loi !