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Culture et Sport

« Lettre Au Président »

Interview. Un clip de rap en soutien aux GJ : « Le peuple est dans la rue pour réclamer son droit de vivre »

Le rappeur de Marseille Amon livre avec son dernier clip « Lettre Au Président » un diatribe acéré contre Macron. Dans un décor apocalyptique qui reflète selon lui « l’état de révolution de la France », il fait le constat du mépris de ce gouvernement envers le peuple, de la fracture sociale, de la violence de ses forces de répression qui alimentent la révolte, et apporte son soutien au mouvement des Gilets Jaunes. Voici son interview.

Révolution Permanente : Peux-tu te présenter ?

Amon : Je suis de Marseille, mon blaze c’est Amon, j’ai commencé la musique j’avais 14 ans, j’en ai 37. J’ai des enfants, une famille, ce qui m’a quand même fait faire une pause dans la musique, mais je m’y suis remis, c’est ma passion, c’est quelque chose qui m’a toujours suivi. Nous malheureusement c’est sûr dans les quartiers les affrontements avec la police c’est quotidien. On va subir des contrôles au faciès, des GAV, ce genre de choses, mais là ce qui est entrain de se passer c’est quand même hard. Ils sont entrain de massacrer le peuple, et c’est normal pour eux. Là il y a des centaines de mutilés, des blessés, ça va super loin !

RP : Comment t’es venue l’idée du clip ?

A : Quand j’ai vu les événements ça m’a donné envie d’écrire. Je m’inspire du vécu, de ma vie, de la vie des proches, des événements aussi qu’on voit à la télé. Malheureusement Avec 6 gosses je ne peut pas participer, mais croit moi je suis comme un dingue de pas y être quand je vois les images ! La cause elle en vaut la peine. C’est des gens lambda, qui depuis des années et des années ont toujours travaillé, ont été chez eux a s’occuper de leur famille de leur petit cocon familial, ils ont jamais regardé plus loin. Et à l’heure d’aujourd’hui, malheureusement pour l’État, pour ses dirigeants, 90% du peuple, j’ai l’impression, ils ont ouvert les yeux. Je me suis dit que c’était bien de faire un message de soutien de cette manière là, c’est notre manière de militer. C’est important parce-que le courant il passe peut-être plus facilement par le biais de la musique, par le biais de l’art tout court.

RP : Le titre de ton clip est « Lettre Au Président ». Que penses-tu du gouvernement Macron et de sa gestion de la crise des Gilets Jaunes ?

A : Le macronisme, si j’ai un mot à dire c’est zéro. Il a fait des promesses, il était plein de belles paroles, qu’il s’en prendra jamais aux retraites, etc, et il a fait tout le contraire de ce qu’il avait annoncé. Il méprise le peuple, il se montre pas, quand il fait des allocutions télévisées c’est pré-enregistré, il lit un prompteur en plus ça se voit. Les gens ne sont plus réceptifs à ce qu’il raconte, ils ne veulent plus l’entendre parler, ils veulent des actes ! Les gens sont dans la rue, parce qu’ils n’en peuvent plus de leur vie, pour se battre pour nos droits, et en face on nous met une armée de CRS avec des flics et des gendarmes. Eux ils ont eu une prime pour défigurer des gens, pour mutiler des gens. Ils se gênent pas pour maltraiter des femmes, pour maltraiter des enfants. Moi j’ai des gosses, mon dernier il va faire 15 ans au mois de Février. J’ai vu des gosses de 16-17-18 ans se faire dérouiller, se faire défigurer. Et en toute impunité bien sûr. C’est grave ! C’est sûr à 2000% on a rien a attendre de ce gouvernement là.

RP : Un message pour les Gilets Jaunes ?

A : Les médias ils veulent nous faire croire que le mouvement il s’essouffle, c’est de la désinformation. Le mouvement il est très très loin de s’essouffler ! Si j’ai un mot a dire aux Gilets Jaunes c’est justement de rien lâcher. Soit le gouvernement se plie à ce que le peuple demande, soit, si il est pas a la hauteur il n’a qu’à démissionner ! Et je pense que le peuple n’est pas près de lâcher, ils sont allés beaucoup trop loin pour faire marche arrière. Ils ont passé des nuit dehors, ils ont passé Noël dehors, ils sont pas près de rentrer chez eux. Et tant mieux. Je les encourage à résister le plus longtemps possible. Tant qu’ont pas obtenu gain de cause il ne faut pas lâcher prise !

Propos recueillis par Dam Morrison




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