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Le coup d’éclat de Trump, et l’urgence climatique

La décision du président américain de sortir de l’accord de Paris a été au cœur de l’actualité. Et tandis que Trump avance dans une politique nationaliste chère aux intérêts immédiats de certains secteurs des classes dominantes américaines, Macron tente sa chance pour apparaître comme le banquier le plus vert de la planète.

« L’accord de Paris briserait nos travailleurs » : urgence sociale contre urgence climatique ?

C’est en effet avec un nouveau mode d’argumentation que le président américain a défendu la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris. Il ne s’agit plus, comme il l’avait fait pendant sa campagne, de défendre ouvertement sa vision climatosceptique (prétendant que le changement climatique serait un « complot », organisé par la Chine contre la croissance des Etats-Unis), mais de faire passer le refus de l’accord de Paris comme une mesure « sociale » pour les travailleurs américains. Si ces affirmations s’appuient sur un certain nombre de mensonges lors de sa déclaration repérés par un certains journalistes, elle est aussi une nouvelle avancée dans la logique protectionniste de Trump.

« L’accord de Paris est simplement le dernier exemple de Washingon qui accepte un accord qui désavantage les Etats-Unis au bénéfice exclusif d’autres pays, laissant les travailleurs américains – que j’aime tant – et les contribuables, en payer le prix, en termes d’emplois perdus, de salaires réduits, d’usines ruinées et de production économique largement diminuée (…) J’ai été élu pour représenter le citoyen de Pittburgh, pas de Paris »
Donald Trump, 1er juin 2017

Mais derrière ces grandes envolées, ce n’est bien évidemment pas un conflit entre les travailleurs de Pittsburgh et ceux de Paris qui se joue, mais un conflit entre différents secteurs économiques des Etats-Unis. En effet, si d’un côté les grandes entreprises comme Mars, Nike, Levi Strauss ou Starbucks se sont adressées au président ces derniers mois pour que les Etats-Unis restent dans l’accord de Paris, d’autres entreprises comme celle de l’industrie charbonnière américaine et l’industrie pétrolière ont depuis bien longtemps affirmé leur « climato-sceptiscisme ». Un conflit qui, loin d’opposer des écologistes convaincus et des obscurantistes forcenés, naît directement des intérêts immédiats de ces deux secteurs des classes dominantes américaines, les uns pariant sur un « green-washing » prometteur –si tant est qu’il reste limité à des promesses sans contraintes comme l’est l’accord de Paris– et les autres souhaitant continuer à profiter d’une dérégulation propice à leur portefeuille. Loin d’un choix idéologique ou d’une inquiétude vis à vis du citoyen américain, le coup d’éclat de Trump a bien plutôt tout l’air d’un appel du pied à certains secteurs on ne peut plus rentable de l’économie américaine.

« Make our planet great again »

Mais si le discours de Trump n’a sans doute pas plus à certaines entreprises et associations, il aura bien plu au nouveau président français, qui en a ainsi profité pour manifester sa « soif d’écologie ». Qu’importe si le même président a été critiqué tout au long de sa campagne pour le silence de son programme sur ces questions. Dans une vidéo publiée suite au discours de Trump, Emmanuel Macron a en effet affirmé son engagement écologique, allant même jusqu’à inviter les chercheurs américains à trouver en France une « seconde patrie » pour avancer dans les recherches environnementale. Sans doute pour remplacer les soutiens à la ZAD de Notre-Dame des Landes, que Macron a promis depuis des mois d’évacuer ?

En terme de green-washing, Emmanuel Macron s’est fait néanmoins doublé symboliquement par la Mairie de Paris qui, avec d’autres mairies de grandes villes mondiales, s’est éclairée de vert pour signifier son désaccord avec la prise de position de Trump. Eclairer inutilement de nuit des bâtiments publics ? Voilà ce qui fera en effet doucement rire la planète...




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