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Macron sur Notre-Dame-Des-Landes : « Je ferai évacuer la zone »

Emmanuel Macron a déclaré jeudi dernier que, s’il est élu Président, et qu’au bout de six mois aucun accord n’a été trouvé, il ferait évacuer la zone occupée contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Invité de l’Emission politique sur France 2, ce jeudi 6 avril, Emanuel Macron s’est plus clairement positionné sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le candidat d’En Marche ! a indiqué qu’il n’allait pas « arriver et envoyer les militaires » tout de suite, qu’il nommerait tout d’abord un « médiateur » qui « calmera les choses ». Il a cependant ajouté que « Si au bout de six mois, je n’arrive pas à convaincre, je prendrai mes responsabilités et je ferai évacuer la zone », il s’agit donc d’un repositionnement de la part du candidat à la présidentielle qui avait, en février dernier, écarté l’idée d’une évacuation des militants opposés à l’aéroport.

Le candidat à la présidentielle s’est justifié par le vote qui a eu lieu en juin 2016 : « Mon souhait est de le respecter et de faire l’aéroport ». Rappelons que ce vote cachait de fortes disparités : tandis que les communes les plus éloignées du futur aéroport avaient voté « oui », les villes limitrophes avaient émis un rejet franc et massif du projet. Le périmètre du référendum avait en effet été méticuleusement choisi pour que le « oui » l’emporte.

Un des principaux arguments pour la construction d’un nouvel aéroport reposerait sur le constat selon lequel l’actuel aéroport Nantes-Atlantique serait saturé, ce qui est faux car l’aéroport de Nantes ne compte que 48 000 mouvements d’avions commerciaux par an, tandis que l’aéroport de Grenoble, qui ne possède également qu’une seule piste, en compte 170 0000. De plus, la construction du nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes serait un véritable désastre écologique, qui pourrait causer la destruction de 1 200 hectares de zones humides, réservoirs de biodiversité. Les habitants et les paysans, nombreux et actifs, qui résident sur les terres agricoles sur lesquelles Vinci veut imposer le nouvel aéroport, risquent d’être expulsés malgré la lutte acharnée qu’ils mènent depuis le début de projet.

La déclaration d’Emmanuel Macron est un élément de plus prouvant l’hypocrisie de son programme écologique, qui, malgré de belles paroles, est un flou d’ambiguïtés et d’incohérences. Se présentant comme le grand rassembleur, le candidat espère surfer sur un esprit de « conciliation » entre les deux camps, mais s’il est élu, il sera sans l’ombre d’un doute un soutien déterminé aux projets des grandes entreprises et du grand patronat tels que Vinci, contre ceux des populations locales. Le candidat d’En Marche ! souhaite en réalité, par cette déclaration, affirmer son autorité et son « sérieux » pour les classes dominantes, et surtout se démarquer du gouvernement d’Hollande, qui malgré quelques tentatives d’attaques, n’a su résoudre définitivement le problème que pose la ZAD et la résistance qui s’y est exprimée pour les projets de Vinci.




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