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Culture et Sport

Le cri chantant de Laura Clauzel

« Le visage de la honte ». Un clip sublime qui exhorte à l’accueil des réfugiés

Un « cri chantant », un appel à prendre conscience sur la situation dramatique des migrants, tel est le clip sublime que nous invite à découvrir la chanteuse Laura Clauzel. « The face of shame », mot pour mot « Le visage de la honte », a été tourné dans la « Jungle de Calais » avant son démantèlement en octobre 2016.

La chanson est sobre, elle va droit au but. Les images en noir et blanc accompagnent admirablement la voix de Laura Clauzel, posée sur une mélodie saisissante jouée au piano. L’instant de quelques minutes, on est face au quotidien de ceux que l’on refoule aux frontières tels des malfrats, face aux frontières interminables de barbelés, à la mer, à la fois terrifiante et source d’espoir, d’un espoir si fragile…

« La politique de non-accueil des réfugiés en France m’ulcère », nous confie l’artiste. Et il y a de quoi, avec une actualité ponctuée par les morts quotidiennes de migrants en Méditerrannée, tandis que ceux qui parviennent jusqu’à Calais se font gazer au lacrymogène par les CRS pendant leur sommeil, pendant que Macron deale avec la Lybie pour y créer des camps de migrants, loin des regards français. « The face of shame » est la continuité de la pièce de théâtre « To be or not » créée avec des migrants de Calais et la compagnie de la porte aux Trèfle. En installant une proximité entre la caméra et les protagonistes, le clip parvient à nous faire passer de l’autre côté de l’écran. D’observateurs lointains on se sent soudain responsable, responsable de ne plus fermer les yeux, responsable de ne pas en rester à l’incompréhension et d’agir, agir en dénonçant, en refusant la banalisation de tant de misère qui n’a de sens que pour ceux qui la créent.
Nous relayons ci-dessous les mots de Laura Clauzel en accompagnement de sa chanson.

« The face of shame »

Parce que la « jungle de Calais », les campements et l’hérésie, n’étaient pas leur boîte à rêves,
Parce qu’ils sont les nouveaux damnés de la terre,
Parce que, en fuyant misère, famine et guerre,
ils ne pouvaient un seul instant, s’imaginer errant dans la poussière et les immondices, aux portes même des villes et des pays occidentaux.

J’ai décidé de pousser un cri chantant !

« The face of shame »

Parce que les vents bavards du babillage des faiseurs de parias, « toute la misère du monde etc… » s’insinuent dans les esprits faibles
Parce que fusent çà et là de tristes harangues

Parce que les murs s’érigent toujours plus hauts
et que la mer engloutit dans ses profondeurs toujours plus d’hommes, de femmes et d’enfants ...

J’ai décidé de pousser un cri chantant !

« The face of shame »

... c’est le cri chanté qui refuse tout lamento mais qui se présente comme une convocation à l’urgence de rester humains et fraternels.

"The face of shame", c’est littéralement le visage de la honte...

Ce travail a été réalisé avec Mathieu Mullier-Griffiths de Kafard Films.
Il est la continuité de la pièce « To be or not » montée par Grégory Barco, Bertrand Degrémont et moi-même en août dernier, en immersion et avec des réfugiés de la « jungle de Calais ».

Une coproduction Cantrix Prod et Kafard Films.

Je dédie « The face of shame », aux acteurs du film, à Tariq, Monteisir, Mohammed, Yasser, Mohammed et Saleh
# Laura Clauzel




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