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Jeunesse

« Pas de partiels avec les keufs ! »

Les CRS débarquent pour les exam’ : plusieurs blessés et 6 interpellations à la fac de Nancy

Depuis que le mouvement sur les facs s’inscrit dans la durée, les méthodes utilisées pour briser la lutte se ressemblent : mensonges, matraques et expulsions. De fait, jeudi 3, sur la fac de lettre de Nancy, la présidence a fait intervenir les CRS pour empêcher les étudiants et personnels mobilisés de perturber la tenue des examens. Plusieurs blessés et 6 interpellations.

[Crédit photo : Jean-Christophe Verhaegen]

Jeudi, les étudiants ont réinvesti la fac de Lettre de Nancy après sa réouverture afin de passer leurs examens. Les étudiants mobilisés qui n’ont pas baissé les bras après leur évacuation par les CRS ont investi, avec des membres du personnel également mobilisés, la salle des profs. Pacifiquement, ils sont ensuite allés devant les amphis où les partiels devaient avoir lieu. Certains étudiants qui avaient leur partiels sont partis ou on rejoint la cinquantaine de personnes qui bloquaient les amphis pour protester contre la réforme du gouvernement et la sélection à l’entrée des facs.

Très vite les forces de répression sont intervenues. Les étudiants et personnels mobilisés ont organisé une chaîne humaine pour protester. Les flics ont alors « retiré » de la chaîne les maillons les plus dissidents selon eux. Rapidement la tension est montée d’un cran et les CRS ont repoussé violemment la foule. Plusieurs personnes ont été blessées, une lèvre explosée et quelques contusions et blessures musculaires. Il y a eu 6 interpellations de militants pacifiques.

Les étudiants et personnels mobilisés se sont ensuite rendu devant l’hôtel de police par solidarités et réclamer la libération des étudiants arrêtés. D’après le compte tweeter des étudiants mobilisés, un étudiant a été relâché. Les autres seraient toujours encore en détention.

La répression a été justifié part le président de la fac et la préfecture. « Une minorité d’extrémistes a tenté de perturber la bonne tenue des examens et de réoccuper certains amphithéâtres », a expliqué, en substance, le préfet de Meurthe-et-Moselle dans un communiqué.

Les médias, le préfet et la présidence expliquent que les étudiants ont été violents. Dans son communiqué, le président de l’Université de Lorraine, Pierre Mutzenhardt, explique que « le nombre des personnes et la violence avec laquelle ils ont agi n’ont pas permis aux vigiles et personnels de s’interposer sans risque » et de fait, « leur modalité d’action me contraint, et ils le savent, à faire appel aux forces de police ». Alors que l’action visant a empêcher les examens était pacifique « des interpellations ont eu lieu pour dégradations. Les forces de police ont demandé aux bloqueurs d’évacuer les lieux. Devant leur refus, elles ont alors procédé à l’évacuation. Dans ce cadre, d’autres interpellations ont eu lieu pour rébellion », toujours selon la présidence. Sur les images vidéos on voit de quel côté est la violence. Les forces de répression repoussent violemment les étudiants et personnels gratuitement alors que leur nombre était loin de le justifier.

Alors que contrairement à ce que disent les médias, il n’y a pas eu de violence entre étudiants voulant passer leurs partiels et étudiants mobilisés, des insultes homophobes et sexistes ont été proférées à l’encontre d’une étudiante trans mobilisée contre le plan Vidal.

La présidence, devant un « tel acharnement » des personnes mobilisées, qui malgré la répression acharnée ne désarment pas, se voit obligée de demander « l’appui des forces de l’ordre, comme cela a été le cas dans d’autres universités, pour assurer la tenue régulière de la première session du second semestre ».

Si Pierre Mutzenhardt adresse « toutes [ses] pensées aux personnels et étudiants qui subissent les comportements anarchiques d’une minorité violente », il est plus qu’essentiel d’apporter tout le soutien nécessaire aux étudiants et personnels de la fac mobilisés qui subissent de plein fouet la répression policière. Pierre Mutzenhardt et tous les autres présidents qui font intervenir les CRS dans leurs facs doivent démissionner. La violence policière ne fera pas flancher la mobilisation.




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