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Monde

Mépris colonial

Les conseils de l’Elysée pour aller en Guyane : « pas d’eau du robinet, pas de contact avec les animaux »

Après la bourde sur la Guyane, qualifiée d’île par Macron, l’Elysée, provoque une nouvelle fois l’indignation des guyanais en publiant une note sanitaire qui, au-delà de l'ignorance totale dont elle fait preuve, dénote de la « mentalité coloniale » du gouvernement au regard des territoires D’Outre-Mer.

Illustration : Hergé, Tintin au Congo

Pas d’eau du robinet, pas de légumes crus, pas de poisson, pas de baignade en eau douce... Des conseils sanitaires peu rassurants envoyés à l’attention des journalistes qui accompagneront Emmanuel Macron en Guyane à partir de ce jeudi pour une visite présidentielle de deux jours. A l’égard de cette note, la Guyane est une zone à haut risque… mais seulement pour les métropolitains. Car à moins de justifier d’un métabolisme particulièrement résistant spécifique aux guyanais, ce ne sont pas moins de 250 000 personnes qui s’empoisonnent chaque jour à leur insu. C’est du moins ce qu’insinue la note de l’Elysée, qui alerte les voyageurs sur la présence en Guyane de l’épidémie de Zika alors même que celle-ci a été officiellement déclarée terminée en Octobre 2016. Une note d’autant plus révoltante qu’elle préconise des mesures sanitaires complètement caduques, quand bien même l’épidémie de Zika serait encore d’actualité. Car jusqu’à preuve du contraire et comme le souligne David Riche, président de l’association des maires de Guyane, « Zika ne s’attrappe pas en mangeant du poisson, ou alors on le savait pas et dans ce cas là on est ravis de l’apprendre ». Etonnant aussi, il est conseillé de ne pas avoir de rapports sexuels non protégés. Pratique qui serait alors conseillée dans l’hexagone alors que le taux de maladies sexuellement transmissibles augmente d’année en année chez les jeunes ?

L’Elysée a depuis tenté de se rattraper en faisant savoir qu’il s’agissait d’une vieille note non actualisée mais le mal est déjà fait. Alors que Macron s’est rendu ce jeudi en Guyane pour faire miroiter la promesse d’un plan d’urgence toujours en attente d’application ; cette note démontre que l’attitude colonialiste vis-à-vis de l’Outre-Mer est toujours en vigueur du côté de l’Elysée. Une attitude ancrée dans les mœurs et les consciences et dont l’Outre-Mer peine à se débarrasser. Et on ne peut pas dire que le gouvernement contribue à les y aider.




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