^

Politique

A ne pas manquer, pour les Nordistes

Lille contre l’état d’urgence, manifestation samedi

Alors que l'état d'urgence est en passe d'entrer dans le droit commun, avec son cortège de mesures liberticides, et que la police de Lille a l'habitude de réprimer sans ménagement les manifestants – comme lors du 21 septembre dernier où une voiture de police a percuté plusieurs manifestants – , la manifestation du samedi 30 septembre est interdite de centre-ville. Une fois de plus, les autorités instrumentalisent l'état d'urgence afin de laisser en paix les identitaires de la Citadelle dans le centre-ville.

Manifestation à Lille en janvier 2016 contre l’Etat d’urgence. Crédits photos : Philippe Huguen // AFP

À l’appel de plusieurs organisations syndicales CGT, SUD, d’avocats et de membres de l’université, une manifestation contre l’état d’urgence en passe de devenir permanent est organisée ce samedi à Lille à 17h, place Rihour, à côté de la Grand’Place. Dans le contexte actuel, manifester dans le centre de Lille est devenu un acte quasi terroriste tant le nombre d’arrêtés préfectoraux interdisant tout rassemblement aux abords du centre est grand. Depuis septembre 2016, on compte, en effet près de 17 arrêtés de ce type pris par la préfecture.

En cause ? Les dégradations commises contre le bar fasciste de la Citadelle, implanté rue des Arts depuis... le 24 septembre 2016. Une mesure qui permet de ménager une extrême-droite totalement décomplexée, identitaire et raciste sous couvert d’état d’urgence. Ainsi, tout au long de l’année écoulée, on a vu le cortège du 1er mai interdit de centre-ville alors que le FN était présent au second tour des présidentielles. On a aussi vu une manifestation réclamant « vérité et justice pour Johnny », un animateur du quartier Churchill, plongé dans le coma suite à des violences policières, interdite également.

Mais le point d’orgue de cette mascarade visant à la « lutte contre le terrorisme et la sécurisation des rues commerçantes de Lille » est atteint le 12 mai dernier quand la manifestation de protestation contre l’assassinat d’Hervé Rybarczik – un guitariste punk lillois « mystérieusement » tombé dans le Deûle, poussé par Claude Hermant, un ancien para passé indic et proche de la police – est annulée et que la police a nassé afin de contrôler un à un tous les manifestants réunis. Sous couvert d’état d’urgence, la police a donc interdit un rassemblement dénonçant l’implication de Claude Hermant dans l’assassinat de Rybarczik, mais également fournisseur de l’arsenal d’Amedy Coulibaly, auteur de la prise d’otage de l’Hypercacher de la porte de Vincennes en 2015. En clair, la boucle est bouclée : la police interdit sous prétexte d’état d’urgence des manifestations contre l’état d’urgence qui dénoncent les pratiques policières qui favorisent les attentats qui justifient l’état d’urgence.

Contre l’état d’urgence qui ne combat pas le terrorisme mais l’instrumentalise pour étouffer les luttes et les mobilisations sociales, depuis la répression des manifestations contre la COP21 jusqu’au printemps de lutte contre la loi travail et son monde et la loi travail XXL actuelle, manifester contre les assignations à résidence arbitraires et la surveillance généralisée est plus que nécessaire. Rendez-vous le 30 septembre à 17h place Rihour à Lille




Mots-clés

Solidaires   /    Lille   /    CGT   /    Etat d’urgence   /    Attentats à Paris   /    Extrême-droite   /    Politique