Monde

Une enquête du Guardian dévoile le scandale

Malaisie. Des esclaves exploités à McDonald’s !

Publié le 1er décembre 2016

C’est un scandale énorme dévoilé par The Guardian et qui devrait éclabousser une quarantaine de grandes entreprises implantées en Malaisie. Après Samsung et Panasonic, épinglées par le quotidien britannique pour « travail forcé », c’est au tour de McDonald’s d’être dans l’œil du cyclone. Et pour cause, les conditions de travail de ses « employés » relèvent de l’esclavage ! Et la multinationale, qui a affirmé prendre des mesures, était en réalité déjà au fait de ces pratiques !

Frédéric Apoyo

C’est une véritable bombe lâchée par The Guardian. La Malaisie est connue pour être un véritable Eldorado pour les multinationales en tout poil, bénéficiant d’avantages conséquents et d’une main d’œuvre bon marché. Et avec les premières révélations du quotidien britannique, on comprend à quel point. Bien sûr, on sait que McDonald’s est une entreprise qui surexploite ses employés, au point d’avoir vu des mouvements sociaux mettre sur le devant de la scène ce quotidien difficile, mais là, les informations révélées dépassent l’entendement. En effet, en Malaisie, la multinationale profite d’une main d’œuvre … esclavagisée, le tout par le biais d’un contrat avec une agence d’intérim peu scrupuleuse. En majorité, les victimes de cette surexploitation sont des travailleurs immigrés, à qui la Malaisie a été vendue comme la promesse d’un emploi stable et d’un quotidien meilleur. La réalité est glaçante : passeports dérobés, entassés à 15 dans de petites chambres, paye en retard ou incomplète, les « salariés » de McDonald’s sont maintenus en l’état d’esclaves, sans possibilité de quitter leur enfer quotidien au risque d’être expulsés et ne pouvant, par les payes incomplètes, même pas être en mesure de pouvoir s’acheter de quoi manger !

Immédiatement, McDonald’s a annoncé rompre son contrat avec cette agence d’intérim. La multinationale n’était-elle pas au courant de ces pratiques ? Là aussi, The Guardian révèle que ce n’est qu’une posture de façade ! En effet, de nombreux salariés ont référé de la situation à la direction des différents McDonald’s pour l’alerter de cette situation dramatique. Aucun n’a été entendu par la multinationale ! Ce n’est qu’aujourd’hui, dans un scandale international de grande ampleur, que la direction prend une décision pour le moins minimale et cynique. Une affaire qui en dit long sur l’appétit carnassier du grand patronat et jusqu’où sont prêts à aller les grands patrons pour maximiser leur plus-value. À savoir, pouvoir disposer d’esclaves pour engranger toujours plus de profits.