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Ni patrie ni patron

Manifestation à Lille : un cortège ni Macron ni Le Pen

Les organisations syndicales et politiques avaient appelé à un rassemblement place de la République pour manifester contre la présence du Front national au second tour. Après avoir appelé à voter Macron, la majorité du cortège s’est désolidarisée pour scander « Ni patrie ni patron, ni Le Pen ni Macron » !

18 h, place de la République à Lille. Près de 300 personnes sont réunies sur la place encerclée par un dispositif policier massif. Le PCF et le Collectif des sans-papiers prennent la parole. Après avoir dénoncé Le Pen et la gangrène du fascisme, la foule est majoritairement étonnée d’entendre scander dans le micron « À bas Marine Le Pen ! Vive Emmanuel Macron ! ». Des huées et des sifflets couvrent les quelques cris de soutien.

La manifestation se met en marche vers le théâtre Sébastopol. Immédiatement, le cortège se trouve scindé en deux. Le premier tiers des manifestants regroupe le PCF, le PTB, les JC, EELV, le MJS et l’UNEF. Malgré leurs slogans contre le FN, leur consigne de vote reste celle de Pierre Laurent : au second tour, il faut voter Macron.

Dans le reste du cortège, l’ambiance est plutôt au #Sansmoile7mai. Composé d’autonomes et de nombreuses autres personnes qui rejettent et le racisme du FN et l’ultra-libéralisme de Macron, le cortège entend continuer de faire vivre la contestation contre la loi Travail d’il y a un an. Impossible de voter Macron, l’abstention est ici une évidence : « Ni patrie ni patron, ni Le Pen ni Macron ». Le combat contre le fascisme également : « Alerta antifascista », « fermeture de la Citadelle ».

La manifestation est ensuite allée en direction du quartier de Wazemmes, toujours encerclée par un important dispositif policier. Rue Gambetta, le cortège a fini de se diviser. Les autonomes et une grande partie des manifestants en faveur de l’abstention sont partis en manif sauvage. Rapidement, les manifestants se sont dispersés dans les rues.

Cette première mobilisation de l’entre-deux-tours révèle un clivage entre les tenants du front républicain qui ne fait que favoriser le FN et ceux qui, ne reconnaissant ni l’extrême droite ni l’ex-ministre de l’Économie de Hollande qu’ils ont combattus pendant des mois lors du mouvement contre la loi Travail, vont s’abstenir de voter le 7 mai prochain.




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