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Politique

Manœuvre : Castaner cible Le Pen pour amalgamer les Gilets jaunes à l’extrême droite

Ce samedi 24 novembre, les « Gilets jaunes » ont entamé l’acte 2 de la mobilisation à Paris et dans toute la France, que le gouvernement cherche à discréditer en lui attribuant une coloration d’extrême-droite. Si des groupuscules d’extrême-droite ont certes infiltré la manifestation sur les Champs Elysées, il s’agit d’un phénomène marginal et le discours de Castaner visant Le Pen n’est qu’une tentative de nier le soulèvement populaire en cours sur la question du pouvoir d’achat, contre Macron et ses politiques anti-ouvrières et antipopulaires.

En marge de la manifestation le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est exprimé ce midi pour faire un point sur la manifestation des Champs-Élysées à Paris, où plusieurs milliers de gilets jaunes, quelques gilets oranges de cheminots, des employés et des étudiants, manifestaient contre la baisse du pouvoir d’achat, contre Macron et ses politiques. Si des groupuscules d’extrême droite était bien présente notamment en tête de cortège, le ministre de l’Intérieur en a profité pour viser Marine Le Pen en dénonçant « l’ultra-droite » qui auraient « répondu à l’appel » du Rassemblement national.

Que Marine Le Pen soit ou non impliquée dans la venue de ces militants d’extrême-droite, quand bien même elle serait beaucoup trop institutionnelle pour eux, avec cette manœuvre, le ministre de l’intérieur vise à faire penser que la manifestation dans son ensemble serait une manifestation d’extrême-droite.

Pour cela, Castaner, bien aidé par les medias, a utilisé une diversion préalable, celle d’autoriser une manifestation sur le Champ-de-Mars que les gilets jaunes n’avaient jamais voulu. Dès lors Marine Le Pen pour instrumentaliser et s’accaparer les gilets jaunes avait demandé à Castaner pourquoi la manifestation n’était pas autorisée sur les Champs.

Faire porter la responsabilité des « violences » à Le Pen, est ainsi pour Castaner une manière de diaboliser l’ensemble de la manifestation et de lui donner une coloration d’extrême-droite.

Pour autant, même certains journalistes ont du mal à faire avaler la couleuvre. Une journaliste explique : « on voit bien quand même que ce n’est pas que l’extrême-droite ». En effet, la très grande majorité des gilets jaunes sont des classes moyennes paupérisées, modestes, des salariés lambda, ou encore des cheminots, étudiants.

La réalité est que, comme expliquent plusieurs gilets jaunes interrogés par la presse, sur les Champs-Elysées, ce sont les CRS qui ont envenimé la situation. Ils s’estiment être dans leur bon droit en manifestant leur colère, et ce même si la préfecture n’a pas autorisé leur présence sur l’avenue.

En définitive, ce que fait Castaner, c’est manipuler comme tant d’autres premier flics avant lui en essayant de mettre en avant l’épouvantail de l’extrême droite pour diviser le mouvement social et affaiblir ses revendications. Une manière d’entacher le mouvement légitime des gilets et un signe de plus que ce que craint le gouvernement c’est que la mobilisation s’amplifie contre Macron et ses politiques.




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