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Politique

Au PS, tout le monde dit I love you

Michel Sapin soutient Hamon pour mieux le plomber

Avec des amis pareils, plus besoin d'ennemis… C'est non sans distance que le ministre de l’économie et des Finances, Michel Sapin, a déclaré qu'il voterait pour le candidat du Parti Socialiste ce jeudi. Par conviction ? Non, juste parce qu’il a sa carte au PS.

Si Michel Sapin compte ne pas manquer à sa famille politique, en votant pour son candidat, le ministre est tellement peu convaincu qu’il se pose en tant que « soutien critique ». « Vous dire que je suis satisfait de sa campagne, que je suis satisfait de ses propositions, ce serait vous mentir », a poursuivi le ministre. On ne saurait être plus clair. Sapin a donc pris ses distances vis-à-vis de plusieurs propositions du candidat PS, comme le 49.3 citoyen ou le revenu universel, et ce malgré les appels du pied faits par celui-ci, encore récemment depuis la Guadeloupe, pour appeler les derniers hollandistes du gouvernement à le soutenir.

Traîtrises et coups tordus

« Moi, je fais de cette question de la loyauté en politique une valeur cardinale. C’est d’ailleurs une critique que je pourrais faire à certains soutiens de Benoît Hamon, et peut-être à Benoît Hamon lui-même, que d’avoir manqué de loyauté par rapport au président de la République, par rapport à la majorité », a donc expliqué le ministre. Le terme est lourd de sens : un soutien par loyauté ? Alors que plusieurs éléphants et parlementaires confondus se sont décidés à trahir le candidat socialiste pour rejoindre Emmanuel Macron, les fidèles du PS font l’effet d’un soutien à une planche pourrie, ouverts à des déclarations hasardeuses aux retombées rarement positives.

Souvenirs de 2007

Réminiscence pour le PS ? Déjà en 2007, Ségolène Royal avait été abandonnée en pleine campagne par l’appareil du parti. Cette fois-ci, le PS excelle dans la traîtrise interne voire dans une nouvelle vaste opération de sabotage : à ceux qui par « loyauté » se refusent à faire campagne pour le candidat investi tout en décriant son programme s’opposent ceux qui décident de faire campagne pour un autre candidat.

Mieux que Defferre ?

Benoît Hamon pourrait réaliser une prouesse dans l’histoire de la Vème République : celle de faire encore pire que Gaston Defferre, candidat pour la SFIO en 1969. Représentant d’un parti en discrédit absolu, aussi usé que la IVème République dont il était, dans un sens, issu, Gaston Defferre avait réussi à faire… 5%. Reste à savoir si Hamon saura faire pire ou du moins s’approcher de ce record et emporter, avec lui, l’appareil pourrissant du Parti Socialiste qu’il traîne pour faire « Battre le cœur de la France ».




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