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Politique

Et Rennes s’en souvient

« Monsieur Flashball », nommé directeur du cabinet de Macron

Patrick Strzoda, ancien préfet de Bretagne et énarque, est nommé directeur du cabinet du nouveau président Macron. Mais il est surtout connu par les militants pour avoir orchestré durant ces dernières luttes une forte répression.

Ce dimanche, l’ancien directeur du bureau de Bernard Cazeneuve est nommé au poste de directeur du bureau du nouveau Président Macron. Il a été auparavant préfet de 2013 à 2016 en Bretagne, où il était en poste durant les manifestations contre la loi Travail, mais il a aussi été préfet en Corse et en Île-de-France.

Beaucoup de manifestants se rappellent de lui pour le tournant autoritaire et répressif durant les manifestations. Il a mis en place des situations d’affrontements répété entre les forces de l’ordre et les militants et syndicalistes qui venaient manifester contre la loi Travail en Bretagne. L’objectif étant d’enlever tout envie de lutter en réprimant fortement sans se soucier des blessés et mutilés. Il a utilisé les assignations à résidence comme moyen pour tuer le mouvement. Beaucoup à Rennes se rappellent des nasses, ou encore des coups de matraque sur la tête ou des tirs de flashball, pourtant interdits, car ce sont des armes semi-létales, blessant très souvent ou mutilant. On se rappelle de l’étudiant de l’université Rennes 2 qui, suite à un tir de LBD40, a perdu l’usage de son œil. Qui plus est, Strzoda avait soutenu les policiers en précisant qu’il n’avait pas utilisé de flashball, alors que ce sont bien ces armes qui ont défiguré ce jeune homme à vie. Il précisait, après avoir nettoyé toutes les rues de ces manifestations réprimées : « Prouvez-le, portez plainte ».

Loin d’être le fruit du hasard, la nomination de Monsieur Flashball est un choix politique. En effet, le directeur de cabinet du président est chargé de diriger et coordonner l’ensemble des services civils et militaires de la présidence, ainsi que d’établir et faire exécuter le budget attribué chaque année à la présidence. Il suit en particulier les questions de sécurité publique et les nominations des préfets. Il a aussi autorité sur le directeur général des services, qui dirige les services civils de la présidence (intendance, protocole, audiovisuel, correspondance, archives…) et le commandant militaire de l’Élysée qui dirige les services militaires de la présidence. Ce choix est une volonté, donc, de promouvoir celui qui a été à l’avant-garde de la répression pendant le mouvement contre la loi Travail.

Aujourd’hui à la tête du bureau de Macron, nous avons un énarque qui a du sang sur les main. Bien sûr, suite aux choix faits par Macron, qui choisit en connaissance de cause ses poulains, peu de médias n’osent rappeler le rôle que cet ex-préfet de Bretagne a eu. Nous, nous nous rappelons des derniers mois de luttes contre ces lois scélérates qui ne sont pas prêtes de s’arrêter avec ce nouveau gouvernement Macron. C’est la confirmation donc du tournant autoritaire dont va user Macron, à coup d’ordonnances cette fois-ci, pour imposer de profondes régressions sociales, et notamment une mise à mort du Code du travail.




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