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Notre classe

Linpac Noyal-Pontivy

Mort sous une palette. Son patron lui adresse ses « prières »

La Zone Industrielle de Kerguilloten de Noyal-Pontivy (Morbihan) est en deuil, aujourd’hui. Mardi soir, à 20h, un salarié de l’usine Linpac, leader mondial des films plastiques, est décédé à la suite d’un accident de travail. Une palette contenant des déchets de plastique l’a écrasé. Il est mort dans la foulée. Il s’agit d’un drame de plus dans cette usine qui travaille, notamment, pour le secteur de l’agroalimentaire breton, témoin de ce à quoi mène l’intensification de l’exploitation en usine.

Paul Tanguy

Linpac Packaging est un poids lourd dans la région, avec plus de 400 salariés, dont 270 en production, qui travaillent sur un site énorme de 8 hectares où l’on produit du film étirable plastique 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

La multinationale, basée en Grande-Bretagne, et dont la Deutsche Bank est actionnaire majoritaire, se porte au mieux. Elle se targue même de travailler pour la sauvegarde de la planète, en produisant du film étirable ultrafin, alors que les emballages plastiques restent la lanterne rouge du recyclage. Niveau conditions de travail, ce n’est pas la même chose.

Déjà en 2011, l’usine avait connu sa première grève depuis les années 1980. Des salaires de misère, avec 1480 euros nets, primes comprises, pour un opérateur ayant 9 ans d’ancienneté, des machines vétustes tournant en continu, quasiment tous les jours de l’année, la multiplication du recours aux intérimaires, alors que la production requiert un certain niveau de formation pour les salariés. La liste des griefs était longue dans cette usine où la première représentation syndicale a vu le jour il y a moins de dix ans, alors que l’entreprise existe depuis près de quarante ans.

Il y a quelques mois, Ouest France, toujours prêt à flagorner avec le patronat, titrait dans un article à la gloire de Linpac que « le plastique, c’est fantastique ». Avant-hier soir, un travailleur de l’équipe de nuit est mort alors qu’il opérait autour d’une palette de plastiques usagés.

La direction du groupe s’est dit attristée en confirmant l’annonce. Dans cette portion de la « Bretagne blanche » où l’exploitation, elle, est au rouge vif, que ce soit dans l’agroalimentaire que dans les autres secteurs qui lui sont pour partie liée, le PDG Daniel Dayan a eu le toupet d’annoncer que ses « pensées et [ses] prières vont avec la famille et les victimes de notre collègue ». La compassion et les valeurs chrétiennes du patronat sont à géométrie variable. Et il y a fort à parier qu’à la suite de ce crime de l’exploitation, les collègues, les vrais, ceux du salarié tué, n’aient rien à faire des « prières » de Monsieur Dayan.




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