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Quid de NDDL ?

Nicolas Hulot ministre. Macron tient sa caution de gauche

Ce mercredi, Édouard Philippe a annoncé son nouveau gouvernement. Nicolas Hulot est nommé ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire. Une nomination qui pose la question de Notre-Dame-des-Landes, quand Macron prône la construction de l’aéroport, contrairement à son nouveau ministre.

Le numéro 3 du nouveau gouvernement est loin d’être un inconnu. Nicolas Hulot, figure écologiste de gauche appréciée du grand public, vient d’être nommé par Édouard Philippe ministre d’État de la Transition écologique et solidaire. Il s’agit d’une prise de guerre pour Macron et son Premier ministre, une caution de gauche écolo qui pourrait être utile à la formation d’une majorité parlementaire. Emmanuel Macron est également le premier président sous lequel Nicolas Hulot accepte d’intégrer le gouvernement. En effet, ce dernier a par trois fois signifié son refus de devenir ministre, à Jacques Chirac tout d’abord (avec qui il est très ami), puis à Nicolas Sarkozy – malgré les 750 000 signatures récoltées par son Pacte écologique en 2007 – et à François Hollande plus récemment.

Ce poste qu’il accepte est très important pour le nouveau président de la République, car le visage écologiste reconnu de Nicolas Hulot incarne la principale caution de gauche du nouveau président. Avec son gouvernement aux allures de patchwork, draguant jusqu’aux Verts par le biais de son nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire doté d’un gros portefeuille, Macron cherche avant tout à s’assurer une majorité parlementaire aux législatives. De ce point de vue, il semble que Nicolas Hulot, en bon soldat des classes dominantes, vole à la rescousse du néo-président pour éviter toute situation bloquante au niveau parlementaire.

Ce qui pourrait apparaître étonnant de prime abord est ainsi assez logique. L’écologie prônée par M. Ushuaïa n’est en rien opposée au néo-libéralisme défendu par Macron. Car si Nicolas Hulot cherche avant tout à « interpeller » sur les dangers du réchauffement climatique, il se garde bien de taper trop fort sur les grands groupes capitalistes dont les modes de production détruisent la planète à petit feu. Par ailleurs, avec un salaire s’élevant à plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois, il est bien plus proche des élites avec lesquelles il a été un temps si réticent à s’afficher que des plus précaires, qui sont les premiers touchés par les catastrophes écologiques. Il a d’ailleurs été conseiller sur les questions environnementales auprès de Jacques Chirac dès 1995, puis de ses successeurs… avec les résultats que l’on sait.

Le gros point noir de cette nomination reste le dossier Notre-Dame-des-Landes. Fervent opposant à la construction de l’aéroport jusqu’à présent, Nicolas Hulot a-t-il lâché du lest ? Car une chose est sûre, et cela a été réaffirmé sans ambiguïté : Emmanuel Macron ne compte pas abandonner le projet, bien au contraire. La nomination de Hulot comme ministre d’État est pourtant très certainement le fruit d’un compromis… ou d’une capitulation totale de la part de l’écologiste. Ou, pour le dire autrement, ce dernier retournera-t-il sa veste jusqu’au bout, en abandonnant définitivement la lutte contre le grand projet inutile qu’est la construction de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ou claquera-t-il la porte une fois les législatives et son rôle de caution de gauche terminés ? Réponse dans les prochaines semaines.

Crédit : VILLARD/SIPA




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