Notre classe

« Ouvriers révoltés, y en a marre de trinquer ! »

Nord-Pas-de-Calais. Les métallos CGT envoient leurs vœux combatifs en matière d’emploi au président de région.

Publié le 22 janvier 2016

Après les vœux du chef de l’Etat aux acteurs de l’entreprise et de l’emploi, c’était aux militants des syndicats CGT de l’automobile, du ferroviaire et de la sidérurgie d’envoyer leurs propres vœux en matière d’emploi. Ils étaient près de 200 devant l’hôtel de la région vendredi matin pour exprimer leur ras-le-bol face aux menaces qui pèsent sur leurs emplois et à l’hypocrisie des politiciens et du patronat.

Jean Roquelande

Les militants de la CGT ont donné vendredi 22 janvier leur coup d’envoi de la nouvelle année à l’occasion d’une rencontre entre Valérie Létard, vice-présidente de la région, et une délégation syndicale représentant plus de 200 personnes. L’ambiance était festive : parmi les bruits d’éclatements de pétards, dans les nuages de fumigènes, les salariés tonnaient l’Internationale et des slogans anti-patrons et anti-actionnaires. Mais leur message était clair : ils sont « exaspérés et à cran » face aux problèmes d’emploi, aux bas salaires et à la précarité.

S’ils sont si exaspérés, c’est parce que la situation devient dramatique. Que ce soit dans l’automobile, le ferroviaire ou la sidérurgie, des centaines d’emplois sont aujourd’hui menacés chez Akers (97), Areva (150) ou encore Vallourec (261). Les patrons font pression sur les salaires et les conditions de travail en ayant un recours systématique aux intérimaires comme c’est le cas à Renault Douai où plus de 1200 personnes sont employées en intérim.

L’emploi est devenu une question centrale dans cette région où le chômage touche 12,5% de la population active, soit un taux de plus de deux points supérieur à la moyenne nationale. Xavier Bertrand, nouveau président LR de la région, avait même fait de la lutte contre le chômage l’axe principal de sa campagne. Mais le soi-disant « plan d’urgence » contre le chômage annoncé lundi 18 janvier par le président de région ne comprenait qu’une série de mesures timides qui n’améliorent pas les conditions de vie et de travail des dizaines de milliers de chômeurs dans la région : mise en place d’un numéro vert destiné à rendre le marché du travail régional plus « fluide » et une baisse des charges patronales.

Dans une mise en scène ahurissante, Xavier Bertrand s’est même rendu sur les sites où des centaines de postes sont sur la sellette. Malgré la présence des délégations syndicales, il s’est limité aux entretiens avec les directeurs et patrons des usines.

C’est cette hypocrisie que cherchaient à dénoncer les centaines de militants CGT ce vendredi devant le siège de la région. « Bertrand s’est fait élire sur l’emploi mais il ne saura pas en créer. Qu’il commence par sauver les postes menacés » a expliqué Ludovic Bouvier, responsable régional de la métallurgie à la CGT. « On va s’interdire de rien, c’est la lutte qui primera car la situation devient dramatique avec les suicides, les familles déchirées et tous ces gens à la rue. »

Et la situation n’ira certainement pas en s’améliorant à en croire les annonces récentes en matière d’emploi du gouvernement qui se sert de l’état d’urgence pour multiplier ses attaques contre le monde du travail. Des vœux, donc, qui pourraient laisser entrevoir une ambiance sociale de plus en plus chaude ?