Société

Un projet absurde jusqu’au bout

Notre-Dame-des-Landes. Preuves scientifiques que le terrain ne peut supporter la construction d’un aéroport !

Publié le 9 novembre 2016

Un nouveau pavé dans la mare dans l’affaire Notre-dames-des-Landes ! Après le rebondissement judiciaire qui a eu lieu ce lundi 7 novembre lors de l’audience de la cour administrative d’appel de Nantes, qui semble annoncer une victoire importante sur le terrain écolo-juridique pour les opposants au projet de l’aéroport, un nouvel élément voit le jour : d’après une recherche scientifique, le sol du bocage de Notre-Dame-des-Landes serait inapte à la construction des pistes du futur aéroport ! Ce sont en effet les conclusions du travail de recherche de Luc Brohan, qui a souhaité les rendre public et a alerté le ministère de l’environnement ce dimanche 6 novembre.
Une belle jambe pour le gouvernement et le groupe Vinci qui tentent en vain, depuis maintenant plus d’une cinquantaine d’années, d’imposer leur projet néfaste, au détriment des populations locales et de l’environnement.

Luc Brohan, chercheur au CNRS de Nantes en physique et chimie des matériaux, qui a dernièrement effectué des thèses consacrées « aux traitements des sols argileux par liants hydrauliques », conclut en effet à l’impossibilité de construire des pistes assez solides pour le futur aéroport, le bocage de Notre-Dame-des-Landes serait selon lui inapte pour cela. Ses conclusions semblent claires et tranchées : la méthode choisie par AGO-Vinci pour consolider le sol de Notre-Dame-des-Landes est inefficace. Selon lui, les pistes pourront être construites, mais ne résisteront pas longtemps. Cela s’explique par l’importante présence d’eau dans le sol de Notre-Dame-des-Landes, qui « finira par annihiler tous les effets du traitement dans un délai rapide : la piste va donc s’affaisser ».
Ce dernier n’est pas le seul à faire ce constat et est soutenu par Jean-Marie Ravier, ingénieur de l’Ecole centre de Paris et PDG d’une entreprise de mécanique, qui affirme également que le traitement aux liants hydrauliques prévu par AGO-Vinci ne résistera pas au temps.
Convaincu que le projet d’aéroport n’est pas réalisable du fait de la géologie du sol de Notre-Dame-des-Landes, Luc Brohan a envoyé ses résultats de recherche au ministère de l’environnement, après avoir déjà soumis à Vinci quelques éléments de ces recherches en 2014, qui avait alors affirmé avoir déjà pris en compte la nature de ces sols.

Cette nouvelle information vient rappeler l’absurdité de cet acharnement pour la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, et témoigne une fois de plus du véritable fiasco politique que représente cette affaire, vieille de plus d’une cinquantaine d’années et qui ne semble toujours pas trouver d’issue. En effet alors que la décision de construire l’aéroport semblait prise, suite à la victoire du « oui » lors du référendum local du 26 juin et aux appels récents de la classe politique à commencer les travaux et à procéder au démantèlement de la ZAD, la position prise lundi par Christine Piltant lors de l’audience de la cour administrative d’appel de Nantes, demandant l’abrogation de quatre arrêts préfectoraux qui autorisaient le démarrage du chantier au motif que ces derniers ne « respecterait pas certaines exigences de la réglementation environnementale », ainsi que les résultats des recherches de Luc Broha envoyées récemment au ministère de l’environnement, pourraient possiblement mettre un coup d’arrêt au projet, sachant que la cour administrative d’appel suit régulièrement les préconisations de la rapporteuse publique.

La cour rendra sa décision le 14 novembre. Cependant, même si les juges administratifs suivent les recommandations de la rapporteuse publique, il est fort probable que le projet de Notre-Dame-des-Landes ne soit pas enterré pour de bon et que l’Etat ainsi qu’AGO-Vinci choisissent de porter l’affaire en cassation devant le conseil d’Etat. Lorsqu’on voit les positions de Jean-Marc Ayrault qui défend ardemment ce projet, celles de Manuel Valls, déterminé à évacuer la ZAD, allant même jusqu’à déclarer sur France Inter que si l’évacuation engendrait des blessés, voire des morts, c’est parce que les « zadistes veulent qu’il y ait un martyr », ou encore les récentes déclarations de Sarkozy qui, suite aux préconisations de la rapporteuse publique, a affirmé à propos des zadistes que « ces gens dont une partie appartiennent à l’extrême gauche étrangère, dont l’autre partie réside là, (...) et qui vivent de subventions payées avec les cotisations des gens qui travaillent » (…) seront expulsés, et que l’aéroport se fera ». On peut se douter que le combat pour empêcher ce projet n’est surement pas prêt d’être fini. Demain des manifestations sont d’ailleurs prévues par les organisations d’agriculteurs hostiles au projet, appelant à une nouvelle opération des « tracteurs vigilants » sur la ZAD.