Société

La France « eco-friendly » ?

Paris. La mascarade continue, Hollande ratifie l’accord sur le climat

Publié le 20 juin 2016

Le 15 juin 2016, soit 6 mois après la COP21, devant une partie de son équipe ministérielle, François Hollande a signé le décret de promulgation permettant la ratification de l’accord de Paris sur le climat. Ségolène Royale, actuellement ministre de l’environnement, s’est félicitée du fait que la France était « le premier pays industrialisé » à ratifier le traité.

Camille Breks

Pour que l’accord de Paris sur le climat rentre en vigueur, il faut encore que les cinquante pays qui représentent 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre le ratifient à leur tour. Or la Chine et les USA, représentant à eux-seuls 38%, ne l’ont pas encore fait. Il semble que l’enjeu pour le gouvernement français, en décembre 2015 pour la signature, et aujourd’hui pour la ratification, soit que ces deux géants industriels acceptent le traité, ce qui n’avait pas été le cas lors du protocole de Kyoto avec le refus notable des États-Unis de signer.

Malgré les enjeux extrêmement importants et l’urgence climatique, la COP21 – cette grande messe des pays – avait été décevante comme prévu, puisque promettant de rester sous la barre des 2 degrés d’augmentation (par rapport à l’ère pré-industrielle), mais en ne se donnant pas les moyens de le réaliser.

L’accord n’a de contraignant que le nom, puisqu’aucune obligation de résultats n’est demandée aux signataires et qu’il n’y aura pas d’organisme indépendant chargé de vérifier le respect des promesses des différents États. Cela s’explique par un lobbying exacerbé des multinationales, ainsi que par le refus de grands pays industriels (comme les Etats-Unis) de devoir mettre en œuvre un plan réellement contraignant.

Afin de réaliser cet objectif de 2 degrés, les émissions de carbone mondiales ne doivent pas augmenter, et même diminuer, ce qui implique un changement profond du système économique avec une transition vers les énergies propres ; c’est-à-dire la fin de l’ère du pétrole telle que nous la connaissons. Dans les mois et années à venir il sera tout aussi impératif d’accueillir les réfugiés, qui seront nombreux du fait de l’augmentation du niveau de la mer ainsi que de la multiplication des événements catastrophiques dits « naturels », mais en réalité produits par le réchauffement de la planète.

Hollande, meilleur ami de l’environnement ?

On voit bien alors qu’il y a une contradiction directe entre les intérêts du capitalisme et la supposée prise en compte de l’urgence climatique orchestrée lors de la COP21, qui n’était qu’une vaste opération de green-washing, comme le révèlent à la fois la faiblesse de l’accord qui en résulte mais aussi nombre de décisions du gouvernement français pendant et depuis la COP21. Récemment en mars, celui-ci déposait un amendement du projet de loi sur la biodiversité supprimant tout simplement le principe du pollueur payeur (amendement supprimé depuis grâce à une forte contestation). Il est aussi responsable de la probable destruction des terres agricoles très riches en biodiversité de Notre-Dame-des-Landes afin de construire l’Aéroport Grand-Ouest, dans le but de développer le transport aérien dans la région de Nantes (ce qui ne correspond absolument pas aux objectifs supposés de la COP21). Il a également pour ambition de sacrifier les dernières terres agricoles de Saint-Denis sur l’autel du capitalisme avec la création d’Europacity, le grand complexe commercial d’Auchan. Hollande, ami de l’environnement comme il aimerait faire croire en grande pompe ? Loin s’en faut !