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Politique

Dernières déclarations du sinistre de l’Intérieur

"Police du quotidien" et migrants. Le paquet sécuritaire de Macron pour la rentrée

Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur de Macron, n’est pas simplement réactionnaire les jours ouvrés. A l’image du reste du gouvernement, il l’est également en plein été. Dernière preuve en date : son interview au Figaro du 16 août.

Celui qui a été l’un des premiers soutiens de Macron et qui l’a lancé politiquement sur orbite est revenu, le 16 août, sur les premiers pas de son président, dans une interview tout à la gloire du locataire de l’Elysée. Le ministre de l’Intérieur revient sur deux dossiers clef de la rentrée et qui sont censées incarner la double dimension de fermeté et de progressisme, « et de gauche, et de droite », du macronisme. Au final, on se retrouve sur des propositions réactionnaires sur toute la ligne.

Le premier élément est celui de la « police de la sécurité du quotidien », nouvelle mouture de la « police de proximité » mise en place lors des années Jospin, sous le gouvernement de Gauche Plurielle PS-PC-Verts (et dont Mélenchon faisait partie). Daniel Vaillant, cacique socialiste du 18ème arrondissement parisien et ministre de l’Intérieur de Jospin en avait fait un marqueur « de gauche », la « police de prévention » étant censée s’opposer à la « police de répression », chère à la droite et à Sarkozy. L’idée de Collomb serait de « construire avec les élus de terrain, avec la population et l’ensemble des acteurs les solutions de sécurité », et ce de façon à « apaiser » les rapports entre la police et les jeunes dans les quartiers populaires. Ce faisant, le ministre reconnaît que le problème est patent et pourrait redevenir explosif. Les recherches les plus sérieuses sur la question montrent, quant à elle, que la « police de proximité » n’est pas plus « à gauche » qu’une autre force de police et sert tout autant qu’une autre, voire mieux, les nécessités de maintien de l’ordre inégaliatire et raciste qui est particulièrement prégnant dans les quartiers.

Sur le dossier des migrants, Collomb essaie là aussi de justifier l’injustifiable. Après avoir augmenté les effectifs policiers en Hauts-de-France et dans le Nord parisien, en leur demandant d’utiliser les manières fortes pour donner la chasse aux migrants, Collomb vante ses « centres d’accueils » censés héberger quelques dizaines de réfugiés. Non seulement c’est largement insuffisant, au vu du nombre de migrants, parfois mineurs isolés, à la rue. C’est également hypocrite, puisque le gouvernement envisage de revoir les procédures d’expulsion pour les migrants « dublinés » (ceux dont la demande d’asile a été refusée dans le premier pays de l’espace Schengen où ils l’ont déposée) et de sous-traiter, de l’autre côté de la Méditerranée, le rôle de contention de l’immigration aux autorités militaires libyennes.

Côté calendrier et budget, Collomb est resté dans le vague, se contentant d’assurer que ces mesures seraient notamment mises en place avant la fin de l’année. Effet d’annonce ou volonté réelle de mettre en place de nouveaux mécanismes de surveillance et de contrôle au niveau des quartiers et des migrants ? En tout état de cause, pour notre camp social, il n’y a rien de bon dans le paquet sécuritaire présenté par Collomb dans Le Figaro.




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