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Procès d’Ahed Tamimi : « Enlevez-moi les menottes et je vous montrerai » la gifle du peuple palestinien à Israël

Arrêtée dans la nuit du 18 au 19 décembre à son domicile, Ahed Tamini, 16 ans et déjà symbole de la résistance palestinienne, passe devant la cour martiale israélienne. Parmi les faits qui lui sont reprochés, 5 remontent à l'année précédente. Le dernier, qui lui vaut son arrestation, est d'avoir giflé un soldat israélien qui venait de tirer sur son cousin de 15 ans. A la question de la juge qui lui demande d'expliquer son acte, la jeune palestinienne de Nabi Saleh, village palestinien en territoire occupé, répond « enlevez-moi les menottes et je vous montrerai ». La jeune fille risque jusqu'à plusieurs années d'emprisonnement.

Ahed Tamimi, symbole de la résistance de la jeunesse palestinienne

La décision de Donald Trump de reconnaitre unilatéralement Jérusalem comme la capitale d’Israël a provoqué une vague de protestations contre cette véritable provocation. La répression brutale ne s’est pas faite attendre contre le peuple palestinien et cette jeunesse combattante qui a les pierres pour seules armes. 95 % des palestiniens arrêtés ces dernières semaines sont des jeunes . Sur 6500 prisonniers palestiniens détenus en Israël plus de 300 sont des mineurs. Un chiffre en augmentation suites aux arrestations puis détentions en marge des manifestations en décembre contre la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale de l’État d’Israël. Dans ce contexte, le procès d’Ahed Tamini, jeune fille de 16 ans, qui passe devant une cour martiale israëlienne pour avoir giflé un soldat de l’occupation, est devenu un symbole de la résistance de la jeunesse palestinienne qui lutte pour sa liberté.

Le 15 décembre dernier, Ahed Tamimi, a insulté, poussé avec ses mains et giflé des soldats israéliens armés jusqu’aux dents qui venaient de tirer sur son cousin âgé de 15 ans alors qu’il défendait sa maison. Pour cet acte diffusé largement sur les réseaux sociaux, elle a été arrêtée dans la nuit du 18 au 19 décembre à son domicile. Sa mère, sa tante et sa cousine ont aussi été arrêtées.

Gabi Laski, avocat d’Ahed, a informé des 12 chefs d’inculpations qui visent Ahed suite à son passage à la première audience de la cour martiale, ce lundi. Les juges l’accusent « d’agression » contre un soldat israélien, d’entrave aux obligations d’un soldat israélien en mission, de jet de pierres à deux occasions mais aussi d’incitation à le faire, de participation à des émeutes, de diffusion de vidéo sur les réseaux sociaux et d’une charge supplémentaire pour « agression ». Ahed est même accusée de faits qui n’ont rien à voir avec ce qui est montré dans la vidéo.

L’Etat d’Israël entend profiter de la médiatisation d’Ahed et de sa famille pour faire un exemple. Le procès politique qui est mené contre Ahed, sa mère Nariman et sa cousine Nour âgée de 20 ans vise à dissuader tous ceux qui résistent à l’occupation et à l’oppresion de l’Etat d’Israël ; à démoraliser et à intimider la résistance palestinienne, lutte pour la survie et pour la dignité. En répondant à la juge - « enlevez-moi les menottes et je vous montrerai » - Ahed montre que cette jeunesse qui n’a d’horizon que ce que lui laisse l’occupation – la peur, la mort et l’humiliation – ne baissera pas la tête.

Une enfance marquée par l’occupation et la résistance

La famille Tamimi est reconnue en Palestine pour son activisme contre l’occupation à commencer par la lutte contre la colonie israélienne qui fait face à leur village de Cisjordanie, Nabi Saleh, situé entre Tel Aviv et Jérusalem. En 2009, la nouvelle colonie s’approprie des terres et une source d’eau appartenant au village. Les habitants de Nabi Saleh résistent et organisent depuis une marche hebdomadaire de protestation. Celle-ci tourne régulièrement à la confrontation avec l’armée israélienne. La famille Tamimi est en pointe de la contestation. Arrêté de nombreuses fois, le père d’Ahed, Bassem Tamimi, 50 ans, en est un des leaders. Nariman, la mère d’Ahed a déjà été interpellée à cinq reprises avant son arrestation, mais cette fois-ci elle risque avec sa fille une peine plus importante.

Dès son plus jeune âge, Ahed est devenue un symbole de la résistance palestinienne. A 9 ans, une première image de la petite fille circule au niveau international. Elle est vêtue d’une robe taillée dans un keffieh palestinien. Devant elle s’avance un soldat israélien et elle lui fait obstacle.

A 11 ans, la photographie d’elle vêtue d’un débardeur où l’on voit distinctement le mot Love (amour), symbole de la paix popularisé par les hippies fait le tour du monde. Ahed Tamimi poursuit des militaires, lève un poing menaçant et hurle « Je suis plus forte que n’importe lequel de tes soldats ».

Bassem Tamimi n’a pas beaucoup d’espoir sur l’issue du procès politique qui vise sa fille et sa famille. Pour les mineurs, le gouvernement Israélien admet le jet de pierres comme un délit passible de 9 mois de prison ferme. Mais comme le soulignent plusieurs collectifs de lutte pour la libération de prisonniers politiques palestiniens, en territoire occupé, la loi militaire s’applique et décrète qu’un adulte peut encourir pour ces mêmes faits jusqu’à 20 ans de prison.

Ahed Tamini rêve de devenir footballeuse au FC Barcelone. Aujourd’hui, c’est sur le terrain de la lutte et de la résistance palestinienne qu’Ahed Tamimi mène le jeu, en devenant le visage de cette jeunesse palestinienne qui refuse l’occupation sioniste israélienne et se bat pour la vie et la dignité.

Liberté immédiate pour Ahed Tamimi et les membres de sa famille
Liberté pour les 6500 prisonniers palestiniens dont plus de 300 mineurs.
Non à l’occupation israélienne de la Palestine.




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