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Notre classe

De 2 à 12 mois de prison avec sursis, 1 relaxe

Procès des Goodyear. La justice de classe s’est prononcée, le combat continue !

Poursuivis pour « séquestration » les 8 ex-salariés de Goodyear recevaient mercredi leur jugement. Des peines de 2 à 12 mois de prison avec sursis ont été requises à l’encontre de 7 des 8 ex-salariés de Goodyear (une relaxe a également été prononcée) pour avoir simplement essayé de défendre leurs emplois. Une justice clémente pour Christine Lagarde d'un côté, de l'autre la condamnation pour des salariés en lutte. Une justice de classe au service d’une condamnation éminemment politique. Maryline Dujardin

La journée avait bien commencé à Amiens ; une grande partie de l’avant garde des travailleurs s’était retrouvée là pour accompagner nos camarades jusqu’au rendu de jugement. Dès le départ était scandé « relaxe pour nos camarades ! ». Une mobilisation et un mot d’ordre qui n’auront pas suffi pour obtenir un premier une première victoire face à cette justice de classe. Puis se sont succédées les prises de paroles combatives de travailleurs, d’étudiants et de militants venus rappeler la nécessité de faire front tous ensemble face aux attaques en cours. Des discours déterminés qui ont démontré que malgré les attaques de ces derniers mois la détermination de ne pas plier face au patronat et au gouvernement reste grande. C’est donc gonflé de ce courage et de la présence de leurs camarades scandant liberté et relaxe que les 8 ex-salariés de Goodyear se sont rendus dans le tribunal et qu’ils ont pris connaissance des verdicts ; de 2 à 12 mois de prisons avec sursis pour 7 d’entre eux, la relaxe pour un. Même dans les peines la justice aura cherché à les diviser. A la sortie Mickael Wamen a pris la parole : «  j’aurais été relaxé je me serais reposé mais la …  » poursuivant en rappelant toute sa détermination à ne pas se laisser museler. Car c’est bien parce qu’ils sont les plus déterminés que les peines sont dures, pour les faire taire et montrer l’exemple à la veille des attaques du prochain gouvernement.

Des peines dures mais dont il faut rappeler qu’elles promettaient de l’être bien plus encore, puisque c’est de la prison ferme qui était d’abord requise contre eux. Cette victoire partielle, nous la devons sans aucun doute à la première démonstration de force effectuée par tous les secteurs du mouvement ouvrier et les étudiants venus les 19 et 20 octobre soutenir les 8 Goodyear. Étaient à nouveau présents aujourd’hui beaucoup de syndicalistes (CGT, Sud, Solidaires), de militants (NPA, PC, Front de gauche) et de personnalités militantes comme Xavier Mathieu, Loic de la compagnie Jolie Môme, Medhi Kemoune de la CGT Air France ou encore Philippe Poutou… tous présents pour accompagner nos camarades et affronter ensemble cette attaque supplémentaire. La classe ouvrière avait déjà répondu présente et en nombre en octobre dernier et, depuis plus d’un an, les comités Goodyear fleurissent partout en France. Ce procès injuste est devenu emblématique et c’est bien parce qu’il y a eu un telle unité face à cela que ce n’est pas à de la prison ferme que les ex-goodyear ont été condamnés hier. Pour être relaxé, plusieurs l’ont soulevé dans leur prise de parole, il aurait fallu être Christine Lagarde, Balkany ou Sarkozy. La justice aura définitivement, et hier encore, fait la démonstration de son positionnement partisan et de classe. Les militants contre la loi travail condamnés, les familles de victimes de violences policières qui demandent justice et qui se heurtent au silence ou encore les charges surréalistes qui pèsent contre Cédric Herrou, l’ensemble de ces faits montre chaque jour que cette justice est à deux vitesses.

Lorsque Mickael Wamen a annoncé aux soutiens venus en nombre (plus de 1000 personnes) la condamnation qu’ils venaient de recevoir, beaucoup étaient émus aux larmes, révoltés par cette injustice et secoués par la rage d’être attaqués si durement. En plus de la prison avec sursis c’est aussi 5 ans de mise à l’épreuve et l’inscription de leur peine au casier B2 (les empêchant ainsi de retrouver un emploi) qui ont été acté. Un sentiment d’injustice donc pour ces 8 ex-salariés Goodyear qui n’avaient cherché qu’à défendre leurs emplois, en 2014, et qui se retrouvent condamnés de façon hautement symbolique et politique. « On arrive à rassembler autour de nous et ça, ça leur fout la trouille ! » disait Mickael Wamen à la sortie du procès déjà prêt à entamer les démarches pour se pourvoir en cassation et repartir à la bataille. Cette avant garde qui s’est réunie mercredi pour faire front et faire la démonstration que notre classe est unie et solidaire à besoin de continuer à se rassembler ainsi qu’à se préparer aux attaques à venir. Les batailles qui vont devoir être menées dans les mois à venir nous poussent à nous organiser dès maintenant et à continuer de faire la démonstration que devant chaque répression, nous faisons front.




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