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Société

Église et pédophilie

Procès du cardinal Barbarin. Tout un système de couverture des prêtres pédophiles révélé

Ce lundi 7 janvier ainsi que ce mardi 8, Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a été entendu par la justice lyonnaise pour « non-dénonciation d'agressions sexuelles de mineurs de 15 ans ». Le prévenu nie totalement les faits qui lui sont reprochés, notamment le fait de ne pas avoir dénoncé plusieurs prêtres exerçant sous son diocèse et coupables d'actes pédophiles.

Crédit photo : AFP

Un nouveau scandale éclate au sein de l’Église avec la couverture de prêtres pédophiles par le cardinal Philippe Barbarin. Entendu ces lundi et mardi derniers par le tribunal correctionnel de Lyon, l’archevêque est poursuivi pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles de mineurs de 15 ans ». Philippe Barbarin avait déjà été entendu en juin 2016 par la brigade départementale de protection de la famille pour les mêmes faits et avait été soutenu par le Pape François.

Selon des affaires révélées notamment par Médiapart et l’émission d’Elise Lucet, Cash Investigation, le cardinal aurait couvert les prêtres Preynat, Desperon, Gérentet de Saluneaux, De Morand, Robert M., Patrick L., Didier B. et Jérôme Billioud en ne saisissant pas la justice alors qu’il était au courant des faits. Ce dernier par exemple, Jérôme Billioud, avait pourtant été condamné pour atteinte sexuelle lors de l’année 1998 mais est resté en poste jusqu’en 2016, sous l’aile protectrice de Philippe Barbarin.

Barbarin se défend : « J’affirme en conscience que je n’ai jamais cherché à cacher les faits. Et jamais, jamais, je ne les ai couverts » alors que le juge évoque l’affaire Preynat, prêtre ayant agressé sexuellement plusieurs enfants lors de rassemblements scouts à Sainte-Foy-Lès-Lyon. Dans le même temps il ajoute qu’il « ne voit pas de quoi il est coupable ».

Avoir tut tant d’affaires de pédophilie d’une gravité énorme tout en ne sachant pas « de quoi il est coupable » sonne comme une hypocrisie sans nom, tant les éléments mis en avant laissent peu de place au doute. Avec l’affaire du cardinal Barbarin, c’est un véritable système pour couvrir les prêtres pédophiles qui est mis en lumière.

Les scandales de pédophilie au sein de l’Église semblent légion mais la nécessité de ne pas ternir l’image de cette dernière semble prioritaire à la reconnaissance des victimes. D’autant plus que, au vu du nombre conséquent d’affaires de pédophilie au sein de l’Église, l’affaire Barbarin n’est pas un fait unique et isolé mais plutôt une preuve de plus de la décadence ecclésiastique. Jusque dans les plus hautes sphères de l’autorité, la réalité sordide est passée sous silence et la pédophilie poursuit son œuvre quasi impunément.




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