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Politique

Quand les lobbyistes « traversent la rue »...

Remaniement. Emmanuelle Wargon, la lobbyiste du pollueur Danone à la Transition écologique !

Le remaniement de ce mardi voit Emmanuelle Wargon être nommée secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Une lobbyiste de chez Danone au ministère de l’écologie, un choix qui dévoile une Macronie qui a besoin de resserrer ses rangs.

Avis de tempête, la Macronie resserre les rangs

Fin août, Nicolas Hulot annonçait devant les journalistes médusés de France Inter sa démission. Alors que le pseudo-écolo mais malgré tout populaire Hulot quittait avec perte et fracas la Macronie, la question du climat revenait sur le devant de la scène. Hulot incarnait ce nouveau monde, issu de la société civile en plus d’être une figure médiatique qu’avait vanté Macron pour arriver à l’Élysée.

Il n’aura fallu qu’un an pour que la Macronie se fissure. Entre le retour des barbouzeries avec Benalla, la succession des affaires (autour de Pénicaud, Darmanin, Ferrand, Nyssen, Kohler ou Flessel) ou les démissions sonnantes et trébuchantes de Hulot donc, mais aussi de Gérard Collomb, un Marcheur de la première heure qui préfère briguer ses mandats locaux, c’est un retour précipité de l’ancien monde que nous offre cette tartufferie. Acculé par une côte de popularité au plus bas, Macron a décidé de resserrer les rangs pour ce remaniement. D’où la nomination d’hommes de confiance tel un Castaner à l’intérieur, mais aussi celle d’Emmanuelle Wargon, comme secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, qui ne devrait pas faire faux bond à la Macronie.

Diplômée d’HEC et de Sciences Po, la fille de Lionel Stoléru (ancien ministre de Valéry Giscard d’Estaing) était dans la même promotion à l’ENA qu’un certain Édouard Philippe. Fille de politicien, cette dernière débute une carrière des plus classiques : la haute fonction publique (cour des comptes), avant de faire ses gammes dans les cabinets (conseillère technique dans le cabinet de Bernard Kouchner, le Haut-commissariat aux Solidarités de Martin Hirsch sous Nicolas Sarkozy, le ministère du travail sous Hollande). Comme pour l’ex-maire du Havre avec Areva, Wargon exerce ensuite dans le privé. Rien de tel qu’un poste de lobbyiste pour une multinationale ultra-polluante. En l’occurrence Danone, en tant que directrice générale des affaires publiques et de la communication.

Quel est l’impact de Danone sur l’environnement ? En 2016, l’ONG WWF pointait du doigt ce géant de l’agroalimentaire qui fait partie des 25 entreprises qui détruisent le plus les écosystèmes. Décidément bien placée au rang des pires pollueurs de la planète, la coalition Break Free From Plastic révélait la semaine dernière que le même Danone est la quatrième multinationale avec le plus de déchets plastiques ramassés. Un mastodonte qui sera bien représenté au gouvernement puisque la ministre du travail Muriel Pénicaud y a exercé la fonction de directrice des ressources humaines.

Après avoir perdu Hulot, Macron ne fait même plus semblant. S’il n’y avait pas d’illusions à avoir sur la volonté d’un Macron de sauver le climat, sa manœuvre ici avec la nomination d’Emmanuelle Wargon est tout de même impressionnante de grossièreté. Son « make our planet great again » ne pourra se faire que sans lui et la bande de capitalistes desquels il est à la solde.

Crédit photo : Convergences World Forum




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