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Monde

Controverse à Washington

« Russiagate » : Trump menace l’ancien directeur du FBI

Les conséquences de la décision de Trump de limoger le directeur du FBI, James Comey, continuent à se faire sentir depuis mardi aux États-Unis. Sur Twitter, le chef de l’État états-unien s’en est pris à nouveau à l’ex-patron du FBI, le menaçant de faire des révélations sur leurs discussions privées si ce dernier décide de parler à la presse.

« James Comey ferait bien d’espérer qu’il n’existe pas d’‘enregistrements de nos conversations »

Après une semaine de cafouillages et d’erreurs de communication autour du limogeage de son ancien directeur du FBI, Trump a tenu à prendre lui-même la parole pour clarifier les choses.

Jeudi 11 mai, dans une interview accordée à la chaîne NBC, le président états-unien a offert des explications en contradiction avec la version des faits défendues jusqu’ici par ses propres porte-paroles. Qualifiant l’ex-patron du FBI de « hâbleur » et de « fanfaron », Trump a affirmé avoir pris la décision de le limoger « quelles que soient les recommandations [du ministère de la Justice, ndlr]. »

Vendredi 12 mai, le président a poursuit son opération de clarification. « James Comey ferait bien d’espérer qu’il n’existe pas d’« enregistrements » de nos conversations avant qu’il ne commence à faire des révélations à la presse ! » a écrit Donald Trump depuis son compte Twitter. Une menace qui n’est pas, comme le reste de l’affaire, sans rappeler le scandale du Watergate.

« Trump et la Russie, c’est une histoire inventée »

Les accusations selon lesquelles sa campagne aurait collaboré avec la Russie et les enquêtes parlementaires qui le visent en la matière ont clairement motivé la décision de Donald Trump. Dans son interview sur NBC, il l’avoue lui-même sans aucune gêne aucune, d’ailleurs. « En fait quand je me suis décidé, je me suis dit : « Ce truc avec la Russie, Trump et la Russie, c’est une histoire inventée ». »

Selon Trump, Comey l’avait assuré à plusieurs reprises qu’il n’était pas (encore) visé par une enquête criminelle sur la nature de ses relations ainsi que celles de sa campagne électorale avec la Russie. Cependant, quand le président lui aurait demandé sa « loyauté » au début de son mandat, Comey ne lui aurait offert que son « honnêteté ». Insatisfait de cette réponse, le président lui aurait demandé de lui jurer loyauté au moins deux fois de plus.

Le refus de Comey inquiétait de toute évidence le président américain qui souhaitait rapidement voir quelqu’un plus susceptible d’étouffer les affaires à la tête du FBI.

Fortement critiqué pour la communication cafouillée de son administration autour de sa décision, Trump a enfoncé le clou, menaçant dans un autre message depuis son compte Twitter d’« annuler tous les « points de presse » à l’avenir et de remettre des réponses par écrit pour davantage d’exactitude. »

Les nouveaux accrochages entre Trump et le directeur du FBI viennent affaiblir encore davantage la position déjà fragilisée du président américain. Celui-ci a été largement critiqué par la presse pour sa décision et la communication qu’il en a faite. Certains analystes pensent même qu’il aurait créé avec cette affaire les conditions d’un possible « impeachment ». A un peu plus de 100 jours de son élection, il n’est pas dit que Trump pourra finir son mandat jusqu’au bout.




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