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Russie-gate : Trump cherche à montrer son calme au milieu de la tempête

Après avoir engagé l'avocat qui avait défendu Bill Clinton dans l’affaire Monica Lewinsky, Trump se prépare à un interrogatoire avec le procureur spécial qui enquête sur le Russie-gate.

Trump a déclaré vendredi qu’il "adorerait" discuter avec le procureur spécial qui enquête sur le "Russie-gate", soit les relations entre la campagne du président actuel avec la Russie avant les élections de 2016.

L’annonce intervient quelques jours après que Trump ait été ouvertement contrarié par la fuite à la presse d’une série de questions que le procureur spécial enquêtant sur l’affaire avec la Russie, Robert Mueller, avait préparé pour le président.

Après avoir eu connaissance de ces questions, l’avocat de la Maison Blanche dans l’affaire du Russie-gate a annoncé sa démission et à sa place, Trump a nommé Emmet Flood, l’avocat de Washington qui représentait Bill Clinton dans sa mise en accusation pour l’abus sexuel de l’étudiante Monica Lewinsky. Cette désignation a montré non seulement un tournant dans la défense de Trump, mais aussi qu’il est prêt à un haut niveau de litige avant l’enquête de Mueller.

Le tournant dans sa défense a commencé ce vendredi avec la tentative du magnat de New York de montrer une certaine tranquillité au milieu d’une série de problèmes internes liés à sa personne qui s’accumulent. Parmi eux, celui qui est le plus pressant et qui se rétrécit autour de lui est le Russiegate.

C’est dans ce cadre que doivent se comprendre les déclarations ce vendredi sur une conversation possible avec le procureur Mueller : "J’aimerais parler. Personne ne veut parler plus que moi. J’aimerais parler parce que nous n’avons rien fait de mal", a déclaré Trump moments avant de quitter à Dallas (Texas), où il prévoit de participer au congrès annuel de la National Rifle Association (NRA).

Cependant, Trump a critiqué le fait que les membres du groupe d’enquêteurs chargés d’enquêter sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016 et sa possible coordination avec son équipe de campagne pour le favoriser, soient "tous démocrates".

"Bob Mueller a travaillé pour Obama pendant huit ans", a déclaré le président malgré le fait que le procureur se situe dans les rangs du parti républicain.

L’affaire Daniels

Dans la même veine, Trump a admis jeudi que c’était bien lui qui avait financé le paiement de 130 000 dollars que son avocat personnel, Michael Cohen, avait versé à la star du porno Stormy Daniels, bien qu’il ait défendu que c’était légal car "cela n’avait rien à voir avec sa campagne". Cette donnée n’est pas un élément mineur puisque l’entourage de Mueller avait laissé entendre que la relation entre Trump et Daniels aurait pu être utilisée par la Russie comme un moyen de chantage envers le président actuel.

Trump a reconnu sur Twitter qu’il a remboursé Cohen pour l’argent qu’il a donné à Daniels, dont le vrai nom est Stephanie Clifford, en octobre 2016, dans la dernière ligne droite avant l’élection et au moment où l’image du millionnaire a été gravement entachée par ses commentaires misogynes et accusations de harcèlement.

Ce versement a engendré des dégâts collatéraux et de controverses étant donné que le paiement a été effectué juste avant les élections. En effet, des groupes comme Common Cause affirment que cet argent visait à améliorer l’image de Trump en tant que candidat et, par conséquent, c’est un don de campagne non déclaré, qui viole les lois de financement électoral.

De plus, la « sincérité » soudaine de Trump peut également lui poser des problèmes car elle contredit les déclarations précédentes, dans lesquelles il niait toute connaissance du sujet.

Par exemple, en avril, à bord de l’avion présidentiel Air Force One, Trump a déclaré qu’il ne savait pas où Cohen avait trouvé les 130 000 dollars qui ont servi à payer Daniels.

Aujourd’hui, Trump reconnait avoir remboursé mensuellement à son avocat les 130 000 dollars qu’il avait avancé pour sceller un accord de confidentialité avec l’actrice porno et l’empêcher des relations qu’ils auraient entretenu en 2006.

Le président a déclaré que l’accord de confidentialité a été conclu pour arrêter "les accusations fausses et exorbitantes" de l’actrice, qui a intenté un procès pour annuler ce contrat jugé invalide car signé par Cohen et non par Trump.

Trump a insisté sur le fait que l’accord avec Daniels était « privé » et que « l’argent de campagne ou les contributions à la campagne n’ont joué aucun rôle dans cette transaction ».

Les explications du président sont venues après que son nouvel avocat et ancien maire de New York, Rudolph Giuliani, ait fait des déclarations controversées sur le réseau de Fox aux heures de grande écoute mercredi soir, contredisant la version de la Maison Blanche.

De façon inattendue, Giuliani a reconnu que Trump avait remboursé à Cohen les 130 000 dollars reçus par Daniels, mais a assuré que le président ne connaissait pas les détails du pacte de confidentialité.

En fin de compte, la responsabilité de décider si le paiement à Daniels était une contribution illégale à la campagne de Trump incombe à la Commission électorale fédérale (FEC), qui a perdu de son pouvoir ces dernières années et se limite à donner des amendes à ceux qui violent la lois de financement électoral.

Cependant, si Trump se voyait obligé de témoigner sur son passif sexuel sous serment, il devrait garder à l’esprit l’histoire de Bill Clinton (1993-2001), qui a été mis en accusation pour avoir menti sous serment au sujet de ses relations avec sa stagiaire Monica Lewinsky.

C’est pour cela que la nomination de l’avocat de Clinton, Emmet Flood, est liée à l’intention de trouver la meilleure façon possible de se défendre contre les nombreux problèmes qui s’accumulent contre le président.

Malgré l’annonce de résultats économiques et d’un taux de chômage qui lui sont favorables, et de l’hyperactivité de la politique extérieure basée sur un mélange pragmatique de guerre, de diplomatie et de guerre commerciale, Trump ne peut arrêter la somme des problèmes domestiques qui l’accablent.

Trump et les républicains font également face à une année électorale où la majorité de la chambre basse est en jeu. Certaines élections anticipées ont déjà montré que les républicains n’ont aucun triomphe garanti bien que Trump ait balayé les élections présidentielles en 2016. Les multiples fissures qui existent au sein du parti peuvent encore aggraver la situation judiciaire du président, rendant les perspectives des républicains encore plus opaques à la veille des élections de mi-mandat.




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