^

Politique

Justice de classe

SNCF : paiement des jours de repos : la nouvelle grande fake news des médias

La direction de la SNCF avait annoncé qu’elle ne paierait pas les jours de repos des cheminots grévistes, ce qui avait provoqué de vives contestations de la part des grévistes qui voyaient là une attaque contre le droit de grève. Alors que la justice n’a débouté que le caractère urgent de la demande en référé sans trancher sur le fond, la direction de la SNCF et les médias se targuent d’une victoire contre la grève.

Le besoin de casser la grève se fait urgent. La SNCF avait annoncé qu’elle ne paierait pas les jours de repos de grévistes. Les syndicats CGT, CFDT et UNSA avaient alors saisi la justice qui vient de débouter leur demande en référé, sans traiter du fond. C’est seulement le caractère d’urgence qui est le motif du déboutement, et le Tribunal de Grande Instance de Bobigny jugera quand même l’affaire sur le fond le 31 mai. Cette décision, mise en avant par Pépy et ses amis, est donc plus un moyen de démoraliser les grévistes qu’une réelle défaite pour ceux-ci. Tout en le sachant, il espère que cela fera rentrer certains dans le rang.

Le règlement interne de la SNCF calcule ainsi les retenues sur salaire : 1/30ème du salaire est déduit en plus par jour de grève. Si un cheminot fait grève un mois, il ne percevra aucun salaire. Or, pour ce mouvement de grève, la majorité des cheminots, suivant les modalités de l’intersyndicale menée par la CGT, font une grève perlée de 2jours tous les 5 jours. Dans Le Figaro, il est expliqué qu’il n’y a « aucune retenue supplémentaire pour deux jours de grève ou moins, 1/30e supplémentaire entre trois et quatre jours de grève, et 2/30e entre cinq et sept jours ». Mais dans le cas de cette grève perlée de 2jours tous les 5 jours, il ne peut donc y avoir de retenue supplémentaire sur salaire. Pourtant la direction veut tout de même procéder à cette retenue. SUD-Rail dénonce ainsi que « si vous faites grève deux jours avec un repos, vous serez ponctionné de trois jours. La SNCF vient d’inventer le travail gratuit ».

Pépy, le patron de la SNCF, avait annoncé la couleur, en expliquant que « lorsqu’il n’y a pas de jours travaillés, les jours de repos n’ont pas à être payés, ce n’est que du bon sens », espérant gagner au tribunal. Mais malgré ses annonces, ce dernier ne lui a pas encore donné raison. Les grévistes, en certains endroits, ont d’ores et déjà eu gain de cause auprès de l’administration. Ils ont en effet saisi les directions régionales de l’emploi et deux d’entres elles leur ont donné raison. Au Mans, une décision des prud’hommes est ainsi allée dans le sens des cheminots. Le Figaro révèle qu’ «  un conducteur, qui avait fait grève deux fois deux jours sur des préavis séparés, s’était vu déduire 1/30e supplémentaire au titre des repos. La SNCF a été condamnée à rembourser cette retenue « injustifiée », ne pouvant « procéder à un calcul global du temps d’absence  ». Une décision qui montre donc que malgré les fanfaronnades de la direction, c’est tous les cheminots, à l’échelle nationale, qui pourraient gagner gain de cause sur l’affaire.

Partout pourtant, la direction et les médias, qui relaient ses éléments de communications, parlent de « défaite des syndicats » sur la questions. Si rien n’est tranché, il s’agit pour eux d’attaquer les cheminots là où cela fait le plus mal, c’est à dire au moral. Mentir et travestir les faits pour intimider les cheminots : voilà les méthodes de la direction de la SNCF, qui ne sait plus quoi inventer pour arrêter la grève.




Mots-clés

Cheminot-e-s   /    médias   /    #JusticeDeClasse   /    SNCF   /    Politique