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Notre classe

« Les poubelles c'est trop chouette, c'est la loi travail qui fouette ! »

Saint-Ouen. L’incinérateur de déchets bloqué, les éboueurs solidaires des grévistes

Maryline Dujardin Depuis plusieurs jours, l’incinérateur de déchets Tiru de Saint Ouen est bloqué dès 6h le matin par des militants et soutiens extérieurs, en solidarité avec les salariés qui étaient à nouveau en grève ce mardi. Militants des Unions Locales CGT de Saint-Ouen, de Plaine Commune, de Saint-Denis, militants du syndicat Solidaires, du NPA, territoriaux, étudiants de Paris 8,... ils sont un petit nombre à se relayer pour tenir le piquet.

Les policiers qui ont reçu l’ordre de débloquer l’entrée sont arrivés eux hier à 7h. Ils ont fait pression pour que les piquets soient déplacés et que l’entrée de l’usine soit bien dégagée mais les militants continuent eux à inviter les camionneurs venus décharger les ordures à se rendre dans une autre usine, et cela marche ! La plupart par solidarité avec cette lutte contre la loi travail qu’ils trouvent eux aussi légitime apportent leur soutien en continuant à se détourner vers d’autres incinérateurs. Un drôle de match est en train de se jouer alors ; quand un camion rentre dans l’usine, les policiers gagnent un point, quand il fait le choix de ne pas rentrer par solidarité envers les militants c’est un point du côté des travailleurs. Autant dire que le match est gagné d’avance et c’est bien évidemment les militants qui mènent le jeu ! Le déblocage et l’autoritarisme des policiers ne peut pas grand chose face à ce grand soutien de travailleurs, qui se reconnaissent entre eux plus forts face à une même injustice. A noter également que beaucoup de soutiens extérieurs viennent tout au long de la journée rendre visite, discuter, boire un café sur ce lieu de blocage, une véritable ambiance où l’on discute politique et où les automobilistes qui passent près du lieu klaxonnent et encouragent les militants. Sur la palissade qui fait face au blocage, on peut lire la phrase « Les poubelles c’est trop chouette, c’est la loi travail qui fouette ! ». Comme quoi, le gouvernement peut continuer à envoyer des policiers sur les lieux de blocage, la solidarité qui s’est mise en place face à son offensive, elle, est indestructible.




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