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Montpellier

Sanofi : un immeuble neuf de 107 millions d’euros détruit au bulldozer !

Il y a quelques semaines, le groupe pharmaceutique a annoncé la démolition de leur bâtiment DI50 sur Montpellier qui n'a depuis sa construction en 2012, jamais été utilisé.

9000 m2, plus de 20 000 pièces d’équipement à l’intérieur et un investissement de 107 millions d’euros : voilà les mensurations de ce bâtiment dont il ne restera bientôt plus rien. Sanofi présentait en 2003 le projet de construction du DI50 comme le summum de la recherche mondiale, « le pilote à la pointe de la technologie » comme le disait Philippe Courbin, l’ancien responsable du site. La recherche à ce moment-là est entièrement tournée vers la synthèse des petites molécules, Sanofi vend du rêve, certains salariés se font même muter à Montpellier et le plan de construction est lancé. Cependant entre-temps, la recherche de Sanofi s’est réorientée vers les molécules biologiques ainsi que les procédés de fabrication biochimique, un tout autre domaine que celui des molécules chimiques. L’usine est déclarée obsolète et sera bientôt démolie.

La direction de Sanofi affirme avoir étudié toutes les possibilités quant à l’avenir du bâtiment et que la seule solution serait de le détruire. Ce n’est pourtant pas les options de recyclage qui manquent quand on sait qu’il y a aujourd’hui en France près de 900 000 personnes sont privées de logement personnel (dont près de 100 000 sont sans domicile et 85 000 vivent dans des habitations de fortune). Un cruel manque d’imagination de la part de Sanofi alors ? En réalité, l’enjeu est comme d’habitude financier : le fait que démolir le bâtiment (ou du moins juste le toit et les fenêtres dans un premier temps) leur évite de payer une taxe foncière d’un million d’euros an. Le mystère reste entier !

Cette annonce a provoqué chez les salariés de Sanofi et les syndicats colère et consternation. Une salariée s’est d’ailleurs exprimée face à la caméra de France 3 : « 107 millions d’euros, ça représente l’équivalent d’un téléthon, donc si quelqu’un a le culot de dire que c’est peu, alors que l’on sait que cela permet pendant un an de continuer la recherche sur les maladies génétiques, alors pour moi, oui c’est un scandale ». Une « gabegie financière » d’autant plus mal venu quand on sait que l’entreprise a effectué ces dernières années de nombreux plans sociaux.

Mais peu importe, de toutes façons comme l’a dit Xavier Tabary le directeur du site de Montpellier : « Ce bâtiment n’a pas servi, personne n’y a apporté un supplément d’âme », parce que comme chacun le sait, ce qui compte chez Sanofric c’est l’âme. Mais pas les salariés en revanche.




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