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Intervention impérialiste et escalade ?

Syrie. Des soldats français déployés « en renfort »

A peine deux semaines après les frappes aériennes menées conjointement avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni contre le régime de Bachar al-Assad, on a appris que des forces spéciales françaises étaient déployées en Syrie. C'est le secrétaire d'Etat à la Défense américain qui l'a annoncé ce 26 Avril, alors que le gouvernement français se refuse à donner la moindre information à ce sujet.

Crédits photo : AFP PHOTO / ECPAD

« Les Français nous ont renforcés en Syrie avec des forces spéciales au cours des deux dernières semaines. » C’est ce qu’a déclaré devant le Congrès américain Jim Mattis, secrétaire d’Etat à la Défense. Une annonce qui intervient deux jours après la visite officielle d’Emmanuel Macron à Washington ; visite qui a démontré à quel point la France était à la remorque des Etats-Unis sur le plan géopolitique.

Depuis le début de la guerre dans la région, la France s’est toujours montrée réticente à intervenir au sol. Cette fois encore, la question de sa propre « ligne rouge », à savoir le déploiement de troupes sur le territoire syrien n’a pas été évoquée par le gouvernement et la ministre des armées, Florence Parly. Un tabou que les « alliés » Américains se sont donc chargés de briser. Car de l’autre côté de l’Atlantique, le discours est tout autre. « A l’heure actuelle, nous ne nous retirerons pas », a affirmé un Jim Mattis résolument offensif. L’éradication de Daech reste la priorité affichée d’un Donald Trump en difficulté à six mois des élections de mi-mandat.

Une priorité également définie en conférence de presse par Emmanuel Macron, qui a déclaré vouloir « franchir une nouvelle étape dans la lutte contre Daech ». Pour cela, il souhaite mettre en place une coopération internationale plus efficace afin « d’assécher le terrorisme à la racine ». Autrement dit, l’objectif est de priver les organisations terroristes de toute source de revenu. Une déclaration plus qu’osée, lorsque l’on sait que l’entreprise française Lafarge, leader mondial du ciment, a réalisé des millions de dollar de bénéfices en commerçant avec... Daech. Qu’elle a donc financé !

Intervention impérialiste et escalade ?

Les frappes aériennes menées dans la nuit du 13 au 14 Avril derniers ont déjà fortement tendu les relations entre les différents protagonistes engagés dans le conflit. La Russie les a qualifiées « d’acte d’agression à l’encontre d’un Etat souverain », promettant des « conséquences ». Côté iranien l’ayatollah Khamenei a, quant à lui, accusé les dirigeants occidentaux d’être des « criminels ». Des tensions que la présence de forces spéciales au sol seront évidemment loin d’apaiser, risquant au contraire une escalade avec les autres puissances impliquées.

Celles-ci, au contraire, pourraient avoir pour conséquence d’ouvrir un conflit bien plus grave impliquant des puissances internationales et régionales. En cas de riposte de la Russie contre des installations militaires, des avions ou navires militaires occidentaux cela pourrait provoquer une escalade dangereuse, sans précédent depuis la fin de la Guerre Froide, voire depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Parallèlement, un conflit régional reste toujours une possibilité. Face à ce déploiement de soldat, renforçant l’intervention impérialiste les exploités et opprimés doivent dire clairement : NON aux bombardements impérialistes ! A bas Assad et ses alliés !




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