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Jeunesse

"T'en as trop pris, mon vieux"

Tolbiac, zone de « violence, drogue, et de sexe » ? Georges Haddad pète les plombs sur CNews

Pour Georges Haddad, président de Paris 1, il y aurait à Tolbiac, occupé depuis près de trois semaines par ses étudiants pour s'opposer à la loi Vidal, « de la violence, de la drogue, du sexe », voire même de la « prostitution ». Rien que ça. Et pourquoi pas le nouveau QG de Daesh, tiens ? Jean-Pierre Elkabbach, l'intervieweur de Cnews, n'aurait sûrement pas moufté, tant il a appuyé les énormités de G. Haddad, ce matin. Il n'a pas non plus relevé qu'à Paris 1, ce sont maintenant plusieurs sites qui sont bloqués et mobilisés, que les profs s'en mêlent, et que certains partiels sont d'ores et déjà ajournés.

Image : Johnny Depp dans Las Vegas Parano

Total freestyle

La semaine dernière, le président de l’université Paris 1, dont dépend le site de Tolbiac, centre névralgique de la lutte contre la sélection à l’université à Paris et occupé depuis 3 semaines, en appelait à la préfecture de Paris pour expulser les étudiants mobilisés. Ces menaces d’expulsion ont entraîné, à plusieurs reprises la semaine dernière, des démonstrations de solidarité inouïe avec, à chaque fois, plus de 1 000 personnes, venant sur les lieux pour défendre l’occupation, dont des enseignants de Paris 1 et des cheminots en grève de la gare d’Austerlitz, située non loin.

Ce matin, sur Cnews, au micro du très complaisant Jean-Pierre Elkabbach, Georges Haddad a remis le couvert... en poussant le bouchon beaucoup trop loin. Tolbiac serait devenu, selon ses mots, « une zone de non droit », un lieu où il y a « de la violence, de la drogue, du sexe », et même de la « prostitution » et des « rave parties ». Des jeunes, dépeints en dangereux criminels. Des dégradations qu’il estime une fois à une « centaine de milliers d’euros », cinq minutes plus tard à « plusieurs millions ». Des approximations qui laissent perplexe sur la capacité du président, pourtant mathématicien de profession, à manipuler les chiffres. Haddad a donc filé les métaphores présidentielles taxant les étudiants mobilisés tantôt de « voyous », tantôt de faignants - « les occupants se lèvent à midi ». Haddad, chef de l’inquisition morale, fait dans la provocation et la calomnie.

Des mensonges sur la situation à Paris 1

Ce qui est sûr c’est que la situation à Paris 1 lui échappe de plus en plus. Et pas seulement parce qu’il y aurait des étudiants, réduits à une bande de « meneurs cagoulés ». Pour cause, les enseignants qu’il prétend « exclus de la fac » sont pourtant régulièrement présents sur les lieux et soutiennent les étudiants. Les personnels de l’AG des personnels qui s’est tenu ce mardi 17 avril ont rapidement répondu par voix de communiqué aux propos de Georges Haddad dans lequel ils réclament des « excuses publiques sur les mêmes canaux d’information » pour ses propos « présentant les étudiants comme des dépravés et les administratifs et les enseignants mobilisés comme des ratés ».

« Oui j’appliquerai la loi Vidal » assure-t-il sur le plateau, car « c’est la loi républicaine qui a été votée démocratiquement ». Les instances de représentation de l’université Paris 1, majoritairement opposées à l’application de la sélection, elles seront bafouées.

Il s’avère qu’à ce jour, le site de Tolbiac n’est plus isolé au sein de Paris 1. le site d’Arts, situé à Saint-Charles, dans le 15ème arrondissement, est également occupé. Le centre de droit René Cassin a du fermer administrativement, tout comme l’institut de géographie situé dans le quartier latin. Pour la Sorbonne, si elle demeure ouverte, c’est uniquement parce qu’elle est encadrée jour et nuit de brigades de CRS, une situation qu’a refusé la responsable de la Maison des Sciences Économiques, également dans le 13ème arrondissement, qui a du démissionné sous pression de la présidence.

Haddad en appelle au ministère de l’Intérieur

Maintenant une attitude répressive coûte que coûte, le président de l’université Paris 1, qui pourrait bien sauter si la mobilisation se poursuivait, assure communiquer régulièrement avec la ministre Frédérique Vidal, qu’il doit rencontré ce mardi après-midi pour décider de la suspension des partiels. C’est une possibilité que lui même ouvre face à Elkabbach.

En attendant, il en appelle au renfort du ministère de l’Intérieur pour déloger les occupants. Une décision qui pourrait lui coûter très cher.




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