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Monde

Attentat de Manhattan

Trump veut encore en profiter pour durcir l’entrée sur le territoire

Après la terrible attaque à la voiture bélier qui a eu lieu mardi à Manhattan et qui a fait 8 morts, Donald Trump, s'est lâché sur les réseaux sociaux afin de dénoncer la politique d'immigration des USA.

Crédit Photo : Joshua Roberts / Reuters

Une fête d’Halloween qui a tourné au carnage dans les rues de Manhattan, 8 personnes sont mortes et une dizaine d’autres ont été blessées dans une attaque à la voiture bélier. Le président américain, Donald Trump, a rapidement réagit sur les réseaux sociaux et a qualifié d’« animal » l’auteur de cet attentat, appelant à un changement de politique sur l’immigration, avec en particulier la fin du système d’attribution à la « loterie » des célèbres cartes vertes.

« Nous devons être plus durs, nous devons être plus intelligents et nous devons être beaucoup moins politiquement corrects »

On peut imaginer ce qu’il entend par là, lui qui assimile les musulmans aux terroristes et qui s’est pris un revers il y a quelques mois sur sa mesure d’entrée sur le territoire. Donald Trump a tenté à plusieurs reprises d’interdire par décret l’entrée aux Etats-Unis a des ressortissants de plusieurs pays et de tous les réfugiés. Des décisions qui ont systématiquement été attaquées en justice. La Cour suprême avait finalement permis en juin une mise en place partielle, qui devait notamment laisser le temps aux responsables des services migratoires américains de revoir les procédures et méthodes de vérifications des antécédents des voyageurs. La semaine dernière, la Maison-Blanche a fait savoir que le pays allait de nouveau accepter des réfugiés après quatre mois d’une suspension très controversée, à l’exception de ceux venant de onze pays considérés à « haut risque », la plupart à majorité musulmane.
Selon des organisations s’occupant de réfugiés, il s’agirait de l’Égypte, l’Iran, l’Irak, la Libye, le Mali, la Corée du Nord, la Somalie, le Soudan du Sud, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Les États-Unis demandent depuis la semaine dernière aux compagnies aériennes opérant des vols vers le pays d’imposer des contrôles de sécurité plus stricts. Parmi ces mesures qui n’ont pas été détaillées par les autorités états-uniennes figurent des interrogatoires plus approfondis pour les passagers.

Avec ce qui s’est passé mardi, Trump a annoncé la prise immédiate de mesures de renforcement des contrôles aux frontières. « Je viens juste d’ordonner au (ministère) de la Sécurité intérieure de renforcer notre programme de vérification déjà extrême ». Il a ensuite martelé sa volonté d’aboutir à « un système basé sur le mérite ». « Nous voulons travailler immédiatement avec le Congrès sur le programme de loterie pour le supprimer, s’en débarrasser ». Il dénonce le système qui permet chaque année à 50 000 personnes tirées au sort la possibilité de s’installer aux USA et d’y travailler.

« Un terroriste est entré dans notre pays grâce à ce qu’on appelle le "programme de loterie des visas de diversité" . Une beauté initiée par Chuck Schumer. Je veux que cela soit basé sur le mérite. »

Pourtant, les responsables de l’enquête n’ont pas confirmé que l’homme d’origine ouzbèke avait obtenu un permis de résident grâce à ce dispositif de tirage au sort. Mais les républicains ont donc sans attendre et avec le cynisme dont ils ont le secret, exploité l’événement pour dénoncer une mesure en vigueur depuis plus de vingt ans et qui est depuis longtemps dans leur ligne de mire.

Alors même que l’intervention militaire de la coalition est responsable de la création d’ISIS et que l’organisation a certes perdu son fief de Raqqa celle-ci est toujours en capacité de frapper comme l’a montrée l’attaque de Manhattan. Pourtant, Trump explique qu’ils ont vaincu l’organisation et que c’est en resserrant les frontières que le danger sera stopper pourtant l’homme présumé responsable de l’attaque se serait radicalisé une fois sur le territoire des USA.

« Nous ne devons pas permettre à l’EI de revenir ou d’entrer dans notre pays après les avoirs vaincus au Moyen-Orient et ailleurs. Assez ! »

Le président américain a évoqué la possibilité d’envoyer l’auteur de l’attentat dans la prison de Guantanamo, créée par les Etats-Unis après les attentats du 11 Septembre. « Absolument, c’est quelque chose que j’examinerais ». Cette prison où les traitements sont inhumains, les actes de tortures physiques et psychologiques ont été avérés et dénoncés, a brisé de centaines de vies, a poussé des hommes brisés vers la radicalité comme ça a été le cas avec la prison d’Abou Ghraib où est né Daesh. Voilà la réponse de Trump.

Trump se sert donc de cet acte horrible qu’est l’attaque de mardi pour justifier sa politique islmaphobe et raciste. Cette xénophobie exacerbée donnera encore un peu plus de vent à la voile de l’extrême droite états-unienne qui depuis l’arrivée de Trump se sent renforcée. Cet acte n’est pas dû à « un animal » ou un « déséquilibré » mais bel et bien à la politique impérialiste des USA qui ont semé la mort et la terreur au proche et moyen orient. Tant que ces interventions perdureront les attaques terroristes continueront.




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