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Notre classe

Lutte de classes et répression

Turquie. 600 travailleurs en grève sur le chantier de l’aéroport d’Istanbul arrêtés et mis en prison !

Une grève a éclaté ce vendredi à Istanbul sur le chantier de ce qui doit être le plus grand aéroport du monde. Les travailleurs protestent contre des conditions de travail esclavagistes et pour ne pas avoir été payés. Erdogan a répondu en envoyant sa police qui a arrêté et mis en prison derechef les 600 travailleurs en grève. Dans un contexte de crise de la monnaie turque qui fragilise Erdogan, un réveil de la lutte des classes pourrait venir ébranler l'ordre de plus en plus autoritaire imposé en Turquie.

Vendredi 14 septembre, une grève éclate sur la chantier d’Istanbul/Ankara, travaillant sur ce qui est sensé être le plus grand des aéroports du monde. Un projet mégalomaniaque, à l’image de Erdogan et ses méga projets du même type, des projets qui requièrent beaucoup de liquidités.

Or la Turquie traverse une importante crise monétaire des suites de la chute de la livre turque, situation aggravée par la crise diplomatique ouverte par les Etats-Unis du fait de la détention du pasteur américain Bronson accusé de terrorisme par Erdogan. Face à cela, des mesures comme l’augmentation des taux d’intérêt par la banque centrale ont permis un moment d’enrayer la chute précipitée de la livre turque.

Pourtant, cela n’a pas été suffisant et avec une inflation à deux chiffres qui rognent le pouvoir d’achat, de nombreuses entreprises ont cessé de payer leurs ouvriers. C’est notamment le cas de l’aéroport où la grève a été déclenchée. La crise économique qui sévit dans la pays a mis en faillite des sous-traitant qui ont quitté l’aéroport sans payer les ouvriers, aggravant le nombre d’accidents.

Mais face à la menace de récession et faillites en chaine, il faudra bien plus à classe ouvrière que des discours sur Dieu et l’indépendance de la banque centrale pour continuer à travailler sans être payés dans les pire conditions, digne de l’esclavagisme, et dans un contexte de répression menée par régime autoritaire en guerre.

Un concentration ouvrière importante pour un aéroport gigantesque

Une vraie ville sur le chantier, avec environ 35 000 personnes sur place, dont 3000 ingénieurs et personnels administratifs, dans des conditions de travail qui tuent des travailleurs. C’est d’ailleurs ces conditions qui ont entrainé l’accident de deux salariés tombés du toit, ainsi que de la collision entre deux navettes de bus transportant des salariés du chantier, faisant 17 blessées. Cet accident s’inscrit dans un contexte de mortalité très importante où les autorités dénombrent depuis le début de chantier en 2015 vingt-sept morts, chiffre contesté par les syndicats qui parlent de 400 travailleurs qui auraient perdu la vie dans des accidents ou suite à des problèmes de santé liés aux conditions de travail.

600 ouvrier arrêtés en répression pour mener la grève

Comme la défense des intérêt de la la classe ouvrière n’est pas au goût du patronat, le gouvernement, par le biais d’une décision de justice, a fait arrêter les 600 ouvriers en grève manifestant contre les conditions de travail sur la chantier de l’aéroport. Ils ont été placé en détention le samedi matin même. La réaction des ouvriers ne s’est pas faite attendre : le samedi dans la soirée ils ont manifesté par solidarité pour libérer leurs camarades emprisonnés. Si 160 grévistes ont été libérés, il n’ont toujours aucune nouvelle des leurs camarades restés derrière les barreaux.

Mais malgré la répression policière et les gaz lacrymogènes, la lutte va continuer. Les tensions vont continuer à s’accentuer en Turquie. Entre la crise monétaire, l’inflation et l’esclavage des salariés, des affrontements vont en découler.

La lutte des classes pourrait faire trembler les piliers du pouvoir de Erdogan ébranlé par la crise de la monnaie turque. Le mouvement des travailleurs en lutte devront néanmoins rompre avec toute la clique nationaliste rangée derrière le discours guerrier de Erdogan et qui les mène a la mort. Les travailleurs doivent maintenant étendre leur lutte à l’ensemble des secteurs ouvriers qui, comme eux, ne veulent pas crever sur l’autel du capital ou sous celui du régime autoritaire d’Erdogan




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