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Dette. Les capitulations de Tsipras ne sauvent toujours pas la Grèce

Ce jeudi se rencontraient au Luxembourg les ministres de la zone euro pour discuter de la situation de la Grèce, en difficulté pour honorer les paiements de la dette. Malgré les déclarations optimistes, aucune solution à long terme n'est trouvée, alors que les travailleurs et les classes populaires du pays s'enfoncent dans la misère après des années d'austérité.


Toujours plus d’austérité

7 milliards d’euros. C’est ce qui manquait à la Grèce pour honorer le prochain paiement de la dette, en juillet prochain. Le premier ministre Tsipras a pourtant bien cherché ces dernières années à couper des fonds publics partout où cela était possible. Après la privatisation de la télévision publique, celle des chemins de fer et du port du Pirée, après des coupes budgétaires dans les services publics à répétition, ce sont ce qui restait du code du travail et des retraites qui ont été attaqués ces derniers mois. Avec l’espoir, toujours aussi faussement entretenu, que toutes ces mesures finiront par faire remonter la croissance grecque.

Et pourtant, depuis la crise grecque de 2014, qui avait conduit à la menace de la sortie de l’euro, la situation n’est toujours pas stabilisée. La dette, qui atteint 180% du PIB, pèse de tout son poids, malgré quelques éléments de reprise dûs à la brutale attaque contre les travailleurs et les classes populaires grecques. A la veille de la rencontre avec les ministres des finances de la zone euro, le premier ministre grec a alors plaidé à nouveau pour un réaménagement de la dette.

Mais la réunion de ce jeudi est loin d’être allée jusque là. A la place, celle-ci s’est conclue sur une nouvelle « bouée de sauvetage » éphémère : un nouveau prêt de 8,5 milliards d’euros, juste de quoi payer les créanciers en juillet. Juste de quoi permettre à Tsipras de prouver encore qu’il est capable d’aller à l’encontre de tout ce pour quoi il a été élu, en continuant à appliquer l’austérité, alors que seulement 19,5% des Grecs souhaitent le voir occuper le poste de Premier ministre en 2019, selon un sondage paru le 28 mai.

Travailleurs grecs contre travailleurs allemands ?

La raison principale donnée au refus d’entamer des discussions sur les perpectives plus à long terme pour la Grèce est la tenue prochaine des élections législatives en Allemagne, que le parti d’Angela Merkel ne voudrait pas voir perturbées par des discussions sur un réaménagement de la dette grecque. S’il est sans doute vrai que l’électorat allemand est bercé depuis bien longtemps par la chanson du « fainéant grec » contre le « travailleur allemand », l’utilisation de cet argument est cynique au plus haut point. Car qui bénéficie de cette attaque en règle des conditions de travail et de vie de la population grecque si ce ne sont les grandes entreprises capitalistes et les banques qui sont les seules coupables de cette dette « publique » ?

Entre les intransigeances de la zone euro et du FMI et la colère qui grandit en Grèce, Tsipras se trouve dans une position difficile, ce dont témoigne la répression avec laquelle il a répondu ces derniers mois aux mobilisations, notamment celle contre la baisse des retraites. Une répression qui ne peut que chercher à faire taire la seule réponse face à la crise grecque, et la seule aussi que les capitalistes européens ne peuvent pas accepter : cette dette est illégitime, il faut l’annuler !




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