Jeunesse

Nous ne serrons pas de la chair à canon !

Un pas de plus dans la réaction. Le PS veut rétablir le service militaire !

Publié le 30 novembre 2016

C’est officiel, le PS est plus à droite que Chirac il y a 20 ans ! Par la voix de son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, le Parti socialiste a annoncé vouloir remettre au goût du jour le service militaire obligatoire ! Et comme pour toutes ses propositions sécuritaires, la menace terroriste et l’état d’urgence sont agités pour justifier cette fuite en avant réactionnaire.

Julian Vadis

Une déclaration pour ouvrir le champ des possibles au futur président ?

« Les conditions requises par la loi pour rétablir la conscription semblent réunies pour la première fois depuis 20 ans » pour faire face à « un monde de moins en moins sûr ». Cette déclaration, signée Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, et qui fait échos aux aspirations du candidat à la primaire de la gauche Arnaud Montebourg, a le mérite d’être extrêmement claire : le PS ambitionne de remettre au goût du jour le service militaire obligatoire, dans l’optique de la création d’une véritable Garde nationale, en charge de la « sécurité intérieure ». Un bond en arrière de 20 ans donc, avec les mesures prises par Jacques Chirac vis-à-vis du service militaire.

Comme pour la déchéance de nationalité ou bien encore la mise en place de l’état d’urgence, la formation socialiste s’appuie sur la lutte antiterroriste (et, dans une moindre mesure, sur l’élection de Trump et les potentielles tensions avec la Russie) pour justifier une politique de fuite en avant sécuritaire et réactionnaire. Cherchant à draguer des voix à la droite en vue de 2017, le PS abat une carte qui a, très épisodiquement, permis à François Hollande de sortir la tête de l’eau lors de son quinquennat. Mais en substance, c’est aussi une garantie de soutien au futur président, si la décision de ce dernier était de rétablir le service militaire. Alors que Fillon est aujourd’hui le grand favori pour investir l’Élysée, voici une déclaration qui ne manquera pas d’être un point d’appui en vue d’un durcissement du tournant bonapartiste déjà en cours, et ce alors que les attaques contre le camp des travailleurs et de la jeunesse sont d’ores et déjà annoncées par le vainqueur de la primaire de la droite et du centre. Un bis repetita, en somme, de la déclaration d’un Hollande désireux de prolonger l’état d’urgence jusqu’à la fin de son quinquennat, afin de permettre à son successeur de le prolonger le cas échéant.

Ni chair à patron, ni chair à canon !

Cette déclaration réactionnaire est une véritable attaque envers la jeunesse. En effet, et alors que cette dernière a été l’un des moteurs de la mobilisation contre la loi travail, la conscription et la mise en place d’une Garde nationale sont de nouveaux outils pour faire taire la jeunesse, et la réprimer. Soit par enrôlement direct dans les corps de l’armée, soit directement à coups de matraque dans la rue. On l’a vu, le bilan de l’état d’urgence démontre que ce dernier a été une arme efficace pour réprimer les mouvements sociaux, et c’est dans ce cadre que s’inscrit cette déclaration du n°1 du Parti socialiste.

Alors que Fillon promet l’enfer aux travailleurs, il est important d’affirmer haut et fort notre opposition à ce nouveau coup réactionnaire porté à notre camp. Militarisation de l’espace public et renforcement de l’arsenal répressif, dans un contexte social tendu, ne peut conduire qu’à une restriction d’autant plus grande des droits démocratiques. Le thatcher français se frotte les mains et lustre les gants pour porter les coups si d’aventure il était élu en 2017. C’est pourquoi il est indispensable de nous réunir largement pour la défense de nos droits démocratiques. Et préparer les combats à venir.