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Université de Metz et de Nancy : répression et évacuation policière. Une interpellation ciblée

Après le site de Tolbiac et Saint-Charles à Paris 1, la vague de répression-évacuation de la mobilisation contre la loi ORE continue. Les forces de l’ordre sont intervenues à Nancy et à Metz ce mercredi 25 avril au matin pour déloger les étudiants mobilisés contre la réforme de l’accès à l’université. Deux interpellations ont eu lieu à Nancy.

« L’ordre républicain » règne dans les facs de Nancy et de Metz. Depuis une semaine, le gouvernement est passé à l’offensive, profitant des vacances scolaires. Les facs occupées ou simplement partiellement bloquées comme à Metz ont été envahies par les CRS.

Évacuation musclée à Nancy et fermeture de la fac : un étudiant encore en garde-à-vue

Ce matin à 6h, une cinquantaine de policiers ont investi la fac de Lettres et Sciences Humaines de Nancy pour délogé 19 étudiants qui occupaient un de ses bâtiments.

Deux étudiants ont été interpellés, l’un pour avoir refusé de donner son identité, l’autre qui a été ciblé par la police pour rébellion. Si la première personne a été relâchée, la deuxième est toujours au commissariat. En ce moment même, un rassemblement d’une centaine de personnes demande sa libération devant le « comico ».

Depuis la faculté de Nancy est fermé. d’après l’Est Républicain, « sur les grilles, l’université de Lorraine a placardé l’avis faisant état de la fermeture administrative de l’établissement. "Pendant la période de fermeture, le campus est interdit d’accès. Tout contrevenant s’expose à des poursuives et à des sanctions disciplinaires et judiciaires". On y apprend aussi que le campus est "provisoirement" placé sous vidéo-protection ». L’université est donc sous surveillance 24h sur 24.

Tout est fait pour que les étudiants ne puissent plus continuer leur lutte dans leur propre fac. Si les étudiants décident démocratiquement de réinvestir l’université, ils s’exposeront à des poursuites judiciaires.

Dans un communiqué interne, le président de la fac de Nancy, Pierre Mutzenhardt, revendique avoir agit de concert avec les forces de l’ordre. « Ce matin, à Metz (bâtiments ALL et SHS – Saulcy) comme à Nancy (Campus Lettres et Sciences Humaines), nous sommes intervenus avec l’appui des forces de l’ordre pour enlever les barricades bloquant l’accès aux bâtiments et mettre fin à l’occupation illégale du domaine universitaire ».

Le vote électronique puis les policiers

Voilà plusieurs semaines déjà, que la présidence de l’université fait monter les tensions entre étudiants. A ce titre, elle a notamment mis en place la tactique du vote électronique pour contrer les résultats des Assemblées générales, expliquant qu’elle n’était « plus en capacité de limiter le risque des violences entre étudiants. Les consultations électroniques des étudiants ont permis une large expression contre les blocages (plus de 70% contre parmi les plus de 6300 étudiants ayant répondu). Elles ont permis à la fois l’expression du plus grand nombre des étudiants et la limitation des risques de confrontation », justifiait-il.

C’est ce vote – dont on se demande bien pourquoi il ne porte pas plutôt sur ce qui est au cœur du débat à savoir la loi « Orientation et Réussite des Etudiants », largement rejetée par la communauté universitaire – que la présidence brandit pour justifier l’intervention policière.

Cependant, sa légitimité est autant contestable que contestée par les étudiants mobilisés eux-mêmes qui avaient appelé à son boycott (consigne qu’ont suivie la majorité des étudiants qui n’ont pas pris part au vote. Et sans doute, faudrait-il rappeler, par l’université de Lorraine elle-même qui, en 2013, organisait justement une conférence à la faculté de Droit, Economie et Administration de Metz, s’intitulant « le vote électronique : un danger pour la démocratie ? ».

Une volonté de couper les jambes à la convergence des luttes en Lorraine

Autre argument ultime brandi par la présidence : la venue de « personnes extérieures », en vérité des organisations syndicales et politiques, et des salariés eux-mêmes en lutte.

Dans sa lettre interne, le président de la faculté de Nancy le précisait bien. « Nos campus deviennent des points de rassemblement à l’appel de personnes et organisations extérieures invitant à s’y rendre. Des partis politiques et des organisations syndicales s’emparent de nos espaces de travail et d’étude pour en faire une tribune médiatique, au mépris de l’institution universitaire. La liberté d’expression qui est la règle sur nos campus et la « franchise universitaire » sont dévoyées pour servir des intérêts qui ne sont pas ceux de nos étudiants ». Franchise universitaire qu’il n’omet pas de rompre en « invitant » les CRS à casser l’expression démocratiques de leur contestation.

Mais tout est bon. Il ajoute que les locaux ne sont pas « prévus pour un hébergement » et que les étudiants fumaient dans des « salles de cours [qui] ne sont pas équipées de détecteurs de fumée »

Avec des larmes de crocodile, Pierre Mutzenhardt, explique qu’avoir eu recours aux forces de répression « heurte » sa conception de la vie universitaire, avant de mettre dos à dos l’occupation pacifiste et légitime de la fac et l’intervention violente de la police. (violence physique, psychologique, répercussion juridique qui condamne à vie un jeune étudiant…)

Et une fois de plus, c’est l’occupation qui est livrée en pâture aux médias.

Contrairement à ce que livre le président de la fac de Nancy aux médias, insistant sur « la solidarité entre les sites et composantes de l’Université de Lorraine » et les « personnels qui ont permis cela », ces mêmes personnels contestent avoir été mis au courant.

« Ni les profs, ni les étudiants n’étaient informés. Le président de l’université a laissé la main au préfet qui a décidé d’envoyer la police et de fermer », témoigne un enseignant dans l’Est Républicain.

Tout notre soutien aux étudiants mobilisés des facs de Nancy et de Metz face à cette énième et honteuse répression !

Libération immédiate de l’étudiant toujours incarcéré !

Nous revendiquons notre droit à lutter et ce par tous les moyens que nous avons à notre disposition, y compris le blocage si cela est nécessaire.

Nous réclamons la fin des interventions policières dans nos facs !

Flics et Fachos hors de nos facs !

crédit photo : Facebook "UNEF Lorraine"




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