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Notre classe

Grève du service intérieur de Tolbiac

Victoire des personnels grévistes de Paris 1 ! Les deux travailleurs mis à la porte seront réintégrés

Après presque trois semaines de lutte, les personnels en grève de l’université Paris 1 ont obtenu une victoire sur leurs revendications. Leurs deux collègues mis à la porte vont être réintégrés.

“A” la rentrée, à l’annonce du non-renouvellement de deux de leurs collègues, les personnels du service intérieur du centre Tolbiac (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) se sont mis unanimement en grève. Leurs deux collègues, embauchés en CDD depuis trois et cinq ans, s’étaient vus annoncés le non-renouvellement de leur contrat, sans motif spécifique. En réalité arrivait, au moins pour l’un des deux agents renvoyés, bientôt à son terme l’échéance à laquelle il aurait dû passer en CDI. Pour obtenir leur réintégration les personnels de leur service ont mené une lutte déterminée pendant dix-neuf jours !

Aujourd’hui les grévistes ont obtenu de la Présidence de l’université l’engagement que les deux agents obtiendraient un renouvellement de leur contrat pour le 1er janvier 2019, avec la signature d’un pré-contrat au mois de novembre. Il s’agit de deux contrats sur fonction pérenne, à temps complet, valide jusqu’au 31 août 2019. La présidence a assuré aux grévistes que ces contrats seraient renouvelés ensuite.

La direction de Paris 1, qui a fait la sourde oreille pendant plusieurs semaines, refusant même de les recevoir, a fini par céder devant la détermination à toute épreuve des grévistes. La grève, dénonçant la précarisation croissante de l’université et la dégradation des conditions de travail de ses salariés, commençait à faire un peu trop parler d’elle et salir l’image de la prestigieuse université Paris 1. Chaque jour les grévistes tenaient un piquet dans la cour de l’université et recevaient un soutien important de la part des étudiants. La pétition qu’ils faisaient tourner a ainsi reçu 4000 signatures. 135 enseignants de Paris 1 avaient également signé une lettre dénonçant leur non-renouvellement et exigeant de la direction leur réintégration. La célèbre bédéiste Emma s’était elle aussi saisi de l’affaire en publiant une bande-dessinée sur leur lutte.

Leur combat a encore une fois montré que, seules la grève et la solidarité payaient pour obtenir gain de cause, ce, même dans les secteurs précaires et sans pouvoir de blocage de l’économie. Alors que la précarisation de l’emploi vise aussi à délier les solidarités collectives et défaire les luttes, les travailleurs de Tolbiac ont montré par leur bataille qu’il était possible de gagner.

La lutte contre la précarité à l’université est cependant loin d’être terminée. Pour les agents qui n’avaient pas été renouvelés à la rentrée d’une part, les conditions de leur réintégration sont encore à préciser. On ne sait pas encore si leur ancienneté sera maintenue et si celui qui aurait dû, après cinq ans de CDD , être intégré en CDI, le sera, et la Présidence de l’Université a de l’expérience en terme de trahison de promesses ... Contre la multiplication des contrats de courte durée et la casse des statuts dans l’Enseignement supérieur, il nous faut ainsi exiger la titularisation et le statut de fonctionnaire pour l’ensemble des travailleurs de l’université.




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