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Jeunesse

Répression dans les facs

Vigiles, chiens et matraques au Mirail : une étudiante à l’hosto et un personnel agressé

Après l'expulsion de la fac par les CRS et la BAC le 9 mai dernier, la répression au Mirail se poursuit. Alors que la fac rouvrait pour le personnel enseignant et BIATSS aujourd'hui, les travailleurs et étudiants présents se sont fait réprimer par la sécurité privée envoyée par l'administration : chiens, matraques, taser, insultes racistes...

Ce 22 mai, après l’expulsion du Mirail par les forces de répression pour casser la mobilisation et la grève en cours, la fac rouvrait pour le personnel enseignant et BIATSS (bibliothèques, ingénieurs, administration, techniciens, social et santé). Pour l’occasion, près d’une centaine de personnels et d’étudiants se sont rassemblés pour dénoncer les conditions de réouverture de la fac - une sur-présence de vigiles, avec le renfort de sociétés privées de sécurité, un campus barricadé par des barrières à chaque entrée et un flicage des personnels et étudiants – ainsi que la politique de la direction de la fac et du gouvernement visant à réprimer et casser la mobilisation qui a émergé contre la loi ORE, le plan étudiant et sa sélection.

Après le rassemblement, les étudiants et personnels présents ont souhaité entrer dans la fac pour accéder aux locaux syndicaux pour la tenue d’une intersyndicale. Ils ont fait face à un dispositif de sécurité très important : près de 70 agents de sécurité, avec leurs chiens et leurs voitures postés à chaque entrée qui empêchaient, sur ordre de l’administration de la fac, personnels et étudiants d’entrer dans la fac et d’accéder à leurs locaux. Les tensions se sont rapidement fait ressentir et la répression aussi !

En effet, alors que les personnels et étudiants présents enlevaient les barrières bloquant l’accès à la fac, un étudiant s’est pris un coup de taser par un agent de sécurité. Des BIATSS ont été menacé d’être tasés, des coups de matraques ont été donnés, des personnels BIATSS ont été violentés. L’un d’entre eux s’est fait agressé physiquement, se prenant un coup de tête. Un agent de sécurité a laissé échapper son chien mais a réussi à le rattraper au dernier moment alors que ce dernier se dirigeait vers une étudiante. Les muselières des chiens, très agressifs, tombaient régulièrement, ce qui aurait facilement pu engendrer des blessés graves.

Dans toutes ces bousculades, une étudiante est tombée et est actuellement à l’hôpital, pour ce qui semble être une entorse. Des insultes racistes ont également été proférées.

Une répression inacceptable, qui cherche, comme dans toutes les autres facs où elle a eu lieu, à faire peur, dissuader et empêcher les personnels et étudiants mobilisés de continuer à s’organiser contre les attaques du gouvernement.

Une répression menée et assumée par l’administration de la fac et des relais gouvernementaux, en premier lieu par l’administrateur provisoire envoyé par le ministère, Richard Laganier, qui a déclaré ce matin que tout s’était « passé dans la norme pour le bon rétablissement des conditions d’études ». Astrid Kretchner, envoyée par le ministère en appui à Richard Laganier, a également nié la répression et les violences qui ont eu lieu ce matin, déclarant : « ça ne me choque pas, je trouve ça normal ».

Ainsi, Richard Laganier promet une « rentrée apaisée » pour le 24, jour d’ouverture du Mirail pour les étudiants, mais « sous le contrôle des vigiles », bien évidemment ! Il est dés lors clair que l’administration compte réprimer et mettre au pas les étudiants et personnels mobilisés jusqu’à ce que le « retour à la normale », tant espéré par Richard Laganier dans ses communiqués, se fasse.




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