Société

Lors du match Reims / Bastia

Violences Policières. Un supporter de Bastia perd un oeil suite à un tir de Flash-ball. La Corse s’indigne

Publié le 15 février 2016

Julian Vadis

Samedi soir, les supporters du SC Bastia, présents à Reims pour le match de leur équipe, ont été violement chargés par les CRS. 8 interpellations et un blessé grave. En effet, un jeune supporter a perdu un oeil suite à un tir de Flash-ball.

Selon la police, le jeune supporter serait simplement tombé et se serait « blessé tout seul ». Une version contestée par les supporters corses. « Toi on t’a pas raté, on va te faire l’autre œil » auraient déclaré les policiers lors du transfert du supporter blessé, explique l’association de supporters Bastia 1905. De nombreux témoignages font échos de provocations des forces de l’ordre, ainsi que des insultes racistes et des commentaires provocateurs quant à la situation politique actuelle sur l’île de beauté.

La Corse s’indigne

Le club du SC de Bastia a apporté son soutien au supporter blessé dans un communiqué. Alors que huit supporters bastiais présents à Reims passeront en jugement le 22 mars prochain, le nouveau président de la région, Giles Simeoni, demande des « explications officielles » sur les « comportements provocateurs et brutaux des forces de l’ordre » et estime que « les enquêteurs et policiers sont juges et parties des incidents ». En ce sens, le procès du 22 mars ne serait pas totalement « impartial » selon l’élu nationaliste.

Mais l’onde de choc n’a pas suscité des réactions que dans les sphères institutionnelles. Alors que les Ultras de l’éternel rival ajaccien ont apporté leur soutien à leurs homologues bastiais, des rassemblements devant les commissariats de Bastia et de Calvi ont été organisés. A Bastia, ce sont même des scènes de guérilla urbaine qui ont éclatées.

Alors que le Montpelliérain Casti et que le Lyonnais Lex ont tout deux perdu l’usage d’un œil suite à des tirs de Flash-ball, ce nouveau cas de violence policière prend des allures d’affaire politique. La légalisation du fichage informatique des supporters, véritable coup d’accélérateur dans la répression des tribunes populaires, entérinée début février, ainsi que la multiplication des interdictions de stades et/ou de déplacements vont crescendo à l’approche de l’ouverture de l’euro en juin prochain. Dans les stades aussi, l’instauration de l’état d’urgence aura permis un accroissement des dérives - déjà bien trop nombreuses - en matière de violences et bavures policières.