Les carnets de commande débordent et promettent de juteux profits pour les patrons. Les travailleurs, eux, exigent une augmentation de salaire à la hauteur de la charge de travail ainsi qu’une prime spécifique pour chaque navire livré.

La grève s’étend depuis le 4 mai dans le chantier STX. Après plusieurs débrayages et journées de grève dans les ateliers de Saint-Nazaire, les nouvelles négociations lundi dernier n’ont rien donné. « La direction nous répond à côté ! Leurs propositions ne correspondent pas du tout à ce que les salariés attendent », explique Sébastien Benoît, délégué CGT. En effet, la seule proposition de la direction pour faire cesser la grève est le remboursement des RTT gelées notamment en 2015 (cela représenterait 2 millions d’euros).

Ainsi face au blocage de la direction, le conflit s’accentue. L’atelier d’usinage (Ufu) poursuit le mouvement, rejoint ce mardi par une nouvelle unité de travail. Il s’agit de l’atelier formage et PRS (profilés reconstitués), secteur clé dans la construction du navire. Ce mercredi, une nouvelle assemblée générale en extérieur réunissant environ 150 salariés du secteur « usinage » a décidé à l’unanimité de maintenir le mouvement de grève. Des rassemblements ont eu lieu également dans la journée de mercredi.

Face à cette situation, la direction affirme qu’elle « va devoir recourir au chômage technique d’ici la fin de la semaine. C’est une réalité ». Les grévistes eux, voient bien dans cette « menace » et ce chantage de la direction, une volonté de diviser les salariés pour obliger les grévistes à reprendre le travail. Pour Sébastien Benoît, « il n’y a aucun risque de chômage partiel ou de division au sein des salariés. » Au contraire, à en croire ce syndicaliste, d’autres secteurs des chantiers navals STX pourraient rejoindre le mouvement dans les prochains jours.

Une victoire de la grève du chantier de STX serait une bonne nouvelle pour donner le signal à ce gouvernement que les travailleurs sont prêts à lutter pour leurs conditions de travail et que les nouvelles attaques comme la « loi travail puissance 10 » ne passeront pas.

@photo Pascal Guittet