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Premier revers

Argentine. Milei essuie un premier revers en justice, la préparation de la grève nationale continue

La justice argentine, saisie par la CGT, a prononcé une suspension provisoire de l’article du Décret de Nécessité et d’Urgence qui visait à une modification généralisée du code du travail et attaquait brutalement le droit de grève pour une majorité de professions. Un premier revers pour le gouvernement argentin, dont l'ensemble des attaques ne pourront cependant être défaites que dans la rue.

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Argentine. Milei essuie un premier revers en justice, la préparation de la grève nationale continue

Le 20 décembre dernier, le gouvernement de Javier Milei promulguait un Décret de Nécessité d’Urgence qui agissait comme une forme de véritable coup de force antidémocratique visant à imposer des attaques massives à de nombreux secteurs de travailleurs et de précaires dans le pays.

Parmi ses dispositions, le DNU de Milei mettait notamment en place une réforme du travail, une restriction importante du droit de grève, une privatisation d’une grande partie des entreprises publiques ou encore la fin des contrôles des prix à la consommation. Une offensive qui venait compléter les premières attaques du gouvernement qui a pris ses fonctions le 10 décembre dernier, notamment au travers des cures de dévaluations massives et l’interdiction du droit de manifester sur la voie publique.

Ce mercredi, les juges du tribunal du Travail ont statué malgré la fermeture estivale pour prendre en charge le recours déposé par la CGT argentine qui demandait en particulier le retrait des articles ordonnant la mise en place d’une réforme extrêmement régressive du travail. Face à la menace de la grève nationale qui se prépare pour le 24 janvier et à la colère présente dans la rue, la justice a préféré suspendre provisoirement le chapitre « Travail » du DNU.

Dans leur communiqué, les juges ont ainsi signalé qu’ils ne voyaient pas la « nécessité et l’urgence » des mesures. Ils affirment également que « les formes républicaines ne sont pas de simples rhétoriques, mais plutôt l’essence même du système ». Ils remettent en question le fait que le pouvoir exécutif se prononce sur certaines questions, confirmant l’aberration juridique du DNU : un paquet de mesures illégal et inconstitutionnel visant à attaquer des centaines de droits ouvriers et populaires.

Rappelons que le chapitre IV du DNU comporte une série d’attaques contre de nombreuses conquêtes historiques de la classe ouvrière : il rend les licenciements plus faciles et moins coûteux, rend la journée de travail plus flexible au gré de l’entreprise (en permettant notamment le non-paiement des heures supplémentaires), triple la durée de la « période d’essai » des nouveaux contrats en la passant de 3 à 8 mois, encourage la sous-traitance et attaque le droit de grève et de réunion.

Pour en finir avec le DNU dans son ensemble : préparer la journée de grève nationale du 24 janvier

Si le premier revers infligé à Javier Milei doit surtout être attribué à la mobilisation populaire de ces dernières semaines et à la préparation d’une première grève nationale ce 24 janvier, elle reste encore minimale compte tenu de la quantité massive d’attaques du gouvernement sur les classes populaires. Le « caputazo » mis en place par le ministre de l’Économie de Javier Milei, Luis Caputo, consistant à dévaluer la monnaie de 118 %, l’énorme offensive contre le droit de manifester que cherche à imposer Patricia Bullrich, sa ministre de la Sécurité, la majorité des dispositions du DNU et la loi dite « Omnibus », qui vise une concentration quasiment totale du pouvoir dans les mains de l’exécutif, donnent une idée de l’ampleur de l’offensive de Javier Milei, que de simples recours juridiques ne suffiront pas à faire reculer. Ce alors que hier, les entreprises pétrolières ont augmenté de 27 % le prix du carburant, dans une nouvelle attaque contre les classes populaires.

Or, si la direction de la CGT argentine a annoncé une grève nationale le 24 janvier sous pression de la rue, après 4 années de passivité, elle continue de parier centralement sur un recours juridique. Une perspective en décalage avec la situation, où seule la rue et une intervention réelle du mouvement ouvrier en première ligne peut permettre de faire reculer l’ensemble des attaques de Milei, à commencer par le coup de force du Décret de Nécessité et d’Urgence.

De ce point de vue, si le premier revers de Milei en justice est un point d’appui, il s’agit pour le moment d’une simple suspension provisoire de la réforme du travail, contre laquelle le gouvernement a déjà annoncé un recours. Cette décision doit ainsi donner du moral pour préparer la grève nationale du 24 janvier et en faire une véritable grève générale, fondée sur des assemblées ouvrières et populaires dans les entreprises et les quartiers, et unissant l’ensemble des secteurs des classes populaires et des mouvements sociaux.

C’est cette perspective que portent nos camarades du Parti des Travailleurs Socialistes, organisation sœur de Révolution Permanente en Argentine, dans la période, en construisant la date du 24 janvier depuis les lieux de travail, d’études et les mouvements sociaux. Comme l’explique Raúl Godoy, travailleur de Zanon et dirigeant du PTS, le plan de Milei « est de faire en sorte que les mêmes personnes, comme toujours, continuent à profiter : le pouvoir économique, qui est derrière chaque gouvernement qui a été adopté, même les dictatures militaires […]. Les dirigeants de la CGT ne nous représentent pas, puisqu’ils sont prêts à s’asseoir pour négocier dès qu’ils leur en donnent une miette. Nous devons prendre en main la grève et la mobilisation, en organisant des assemblées sur les lieux de travail et dans les quartiers […]. Nous devons unir à la base les travailleurs et les précaires, les mouvements sociaux, les petits commerçants et tout le peuple jusqu’à ce que le « plan tronçonneuse » de Milei soit vaincu. Notre lutte est collective et notre plan est au service de la majorité de la population ».

Retrouvez notre décryptage sur la situation politique en Argentine :


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