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Argentine : des milliers de personnes prennent la rue après une accélération de l’offensive de Milei

En réponse aux mesures austéritaires et aux privatisations massives annoncées par Décrets de Nécessité et d’Urgence par Javier Milei ce mercredi, des milliers de personnes se sont retrouvées dans la rue et devant le Congrès. Une première réponse dans la rue au gouvernement d’extrême-droite.

Elea Novak

21 décembre 2023

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Argentine : des milliers de personnes prennent la rue après une accélération de l'offensive de Milei

Crédit photo : Izquierda Diario

Milei lance un paquet de mesures austéritaires et anti-sociales par décret

Javier Milei n’a pas tardé à s’en prendre aux classes populaires. Moins de 10 jours après son arrivée au pouvoir, le président argentin a publié le 20 décembre un Décret de Nécessité et d’Urgence (DNU), qui lui permettra de porter des attaques importantes aux droits sociaux. Le décret prévoit la modification ou l’abrogation de plus de 300 normes et lois sociales. Notamment, le gouvernement prévoit l’abrogation de la loi encadrant les loyers, « pour que le marché immobilier recommence à fonctionner sans problème », expliquait-il à l’occasion d’une allocution mercredi, ce qui rendra la propriété immobilière encore plus inaccessible.

Le DNU prévoit également l’interdiction du droit de grève pour de larges secteurs de travailleurs, et légalise des journées de 12 heures de travail. Milei prévoit par ailleurs le début de la privatisation de toutes les sociétés publiques, à commencer par la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas, qui sera suivie du groupe pétrolier YPF. Selon lui, « les sociétés publiques seront toutes transformées en sociétés anonymes en vue de leur privatisation ».

Plus largement, le DNU permettra de nombreuses attaques contre les aides sociales, et le gouvernement cherche d’ores et déjà à interdire les manifestations qui pourraient couper la circulation, les « piquetes », sous peine de suspension des aides sociales. Cette mesure, qualifiée de « protocole antipiquetes » par Patricia Bullrich, ministre de la Sécurité, est d’autant plus violente qu’elle cherche à criminaliser le droit de manifester dans le but de pouvoir imposer sans résistance le plan économique de son gouvernement.

Ce véritable plan de guerre contre les classes populaires, qui s’en prend aux garanties sociales et démocratiques, était déjà précisé par Luis Caputo, ministre de l’Economie, le 15 décembre. Il annonçait alors la dévalorisation de la monnaie nationale, le peso, en vue de la dollarisation du pays défendue par Milei ; la suspension de tous les travaux publics financés par l’Etat Fédéral ; et l’intervention de la police fédérale dans toute manifestation. Applaudies par le FMI, les mesures prévues par le gouvernement Milei et entérinées par le DNU sont une offre au patronat et à la bourgeoisie en multipliant les attaques contre les travailleurs et les pauvres du pays.

Milei face à la rue : une première journée de résistance contre les plans du gouvernement

Face à l’annonce d’un décret prévoyant de nombreuses attaques contre les classes populaires, ces dernières ont répondu dans la rue. A l’appel des organisations de gauche dont le Front de gauche et des Travailleurs – Unité (FIT-U) aux côtés de plusieurs organisations sociales et de chômeurs des manifestations ont d’abord eu lieu dans la journée de mercredi, à l’occasion des 20 ans du 20 décembre 2001, soulèvement contre le gouvernement, pour dénoncer les attaques antisociales et réclamer le droit de manifester. La répression a immédiatement été importante, allant jusqu’à l’agression d’un député du FIT-U. Malgré les importantes forces de police, les nombreux manifestants sont parvenus à la Plaza de Mayo, imposant une première défaite au discours médiatique de terreur que cherchait à imposer Patricia Bullrich avec son protocole de sécurité et d’ordre. Comme l’a souligné le document lu sur la Plaza de Mayo par les manifestants, l’objectif du décret est « de combler les coffres du FMI, les créanciers de la dette extérieure frauduleuse et les secteurs les plus concentrés de la classe capitaliste ».

Milei a annoncé dans la soirée la mise en place du Décret de Nécessité et d’Urgence, sorte de mesure bonapartiste qui permet d’imposer un ensemble de mesures d’urgences sous la forme d’une loi, et ce jusqu’à sa validation (ou son retrait) par le pouvoir législatif dans un délai prédéfini. Une mesure autoritaire qui cherche à liquider les conditions de vie des travailleurs Argentins et une partie conséquente des conquêtes historiques de la classe ouvrière. Le soir même l’on pouvait entendre dans tous les quartiers de Buenos Aires retentir le son des casseroles. De leur fenêtre, les habitants de la ville ont contesté les décisions du gouvernement. Spontanément, des milliers de personnes se sont retrouvées dans la rue, chantant haut et fort « Grève générale, grève générale ! » dans plusieurs villes du pays. A Buenos Aires, les manifestants ont convergé devant le Congrès, après la démonstration de l’impuissance des forces répressives contre la colère des manifestants de la journée.

La nécessité d’un plan de bataille qui unifie l’ensemble de la classe ouvrière

Pour aller au bout des revendications des classes populaires, qui scandent l’unité des travailleurs, ces derniers doivent se doter d’un plan de bataille. Milei, qui aujourd’hui accuse les manifestants de souffrir du syndrome de Stockholm compte mener à bien son projet pour le pays. Il annonce même qu’« il y a plus, ils le découvriront bientôt », menaçant les classes populaires de nombreuses autres mesures antisociales.

Face aux attaques austéritaires, la CGT, principale organisation syndicale du pays, fait pour le moement appel à « l’ordre démocratique républicain » contre le décret du gouvernement. Hector Daer, le secrétaire général de la CGT, a annoncé « rejeter » les annonces de Milei sans pour le moment annoncer de mesures de lutte contre son DNU. Une politique à contretemps de l’urgence d’un plan de bataille qui unifie l’ensemble des travailleurs du pays, salariés et chômeurs, contre le plan de guerre sociale de Javier Milei. C’est cette perspective que défendent les militants révolutionnaires du PTS, membres du FIT-U, qui cherchent à construire une riposte dans la rue face aux attaques de l’extrême-droite et à imposer un front face aux attaques.


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