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Politique

Catastrophe écologique

Australie : La catastrophe est inestimable, plus d’un milliard d’animaux sont morts

Des chercheurs de l’Université de Sydney ont calculé le nombre d’oiseaux, de mammifères et de reptiles morts dans les flammes du « monstre ». Le bilan qu’ils établissent est catastrophique.

vendredi 10 janvier

Les feux qui ont sévi ont touché l’Etat de la Nouvelle-Galle du Sud et celui de Victoria. En tout, 5 millions d’hectares ont brûlé, soit deux fois la superficie de la Belgique. Des koalas dans les flammes, des animaux assoiffés… En tout, on compte 800 millions d’animaux sauvages morts dans ces régions. Ces chiffres ont été déduits des recherches menées par Chris Dickman et son équipe, chercheurs à l’Université de Sydney. Il s’appuie sur ses précédents travaux qui concluaient que sur un hectare, se trouvent 160 animaux. Dans cette situation où 5 millions d’hectares ont brûlés, avec un produit en croix, on arrive à 800 millions d’animaux décimés par le feu. Les chercheurs ont été très prudents avec les chiffres, ils précisent alors que l’étendue des dégâts peut être bien plus grande. Par ailleurs, il faut noter que ce chiffre correspond bien à tous les mammifères, mais exclut totalement les « chauves-souris, les grenouilles, les poissons, les insectes et autres invertébrés ». On imagine alors que le bilan final dépasse facilement le milliard. Compte tenu de la grandeur de ces chiffres et de l’impact national de la crise ; Dickman n’hésite pas à relier directement ce phénomène au changement climatique.

Le chercheur affirme que « la dévastation qui se produit si rapidement dans une si grande zone n’a aucun point de comparaison. C’est un événement monstrueux en terme de superficie et de nombre d’animaux touchés. » En effet, cet incendie ravageur va provoquer des conséquences irréversibles comme accélérer le processus d’extinction de certaines espèces. Les animaux qui ont survécus vont sûrement mourir d’assèchement, ou s’ils arrivent à fuir dans des zones saines, n’auront pas la force de rivaliser et mourront quand même. Dix mille dromadaires ont d’ailleurs été abattus car ils consomment « trop d’eau ». Le feu a surtout touché les koalas et wombats, espèces vivant dans les arbres. Il sera dur de leur reconstruire un habitat adapté. La catastrophe biologique est sans pareil.

Pour Dickman il est évident que ce drame est la conséquence directe du changement climatique. Sachant qu’en Australie, comme dit le chercheur « […] Ici, les effets du réchauffement climatique sont observés plus sévèrement et plus tôt. ». Selon lui, la situation australienne est un avant-goût de ce que pourrait vivre le reste de la planète. L’Australie est déjà une zone très sèche en proie à ce genre de risque. Dickman dénonce aussi les manœuvres gouvernementales qui ferment les yeux sur une situation alarmante depuis déjà des décennies. Tous les gouvernements successifs, ont chacun leur tour soutenu les industries d’énergies fossiles, pour garder la première place de l’exportateur de charbon. Évidemment couplé à une sécheresse déjà naturelle, ça ne peut rien donner de bon. Malgré la sonnette d’alarme tirée plusieurs fois par les scientifiques, ils ont été totalement évincés du débat politique.

L’anéantissement massif de millions d’animaux laissera de nombreuses espèces au bord de l’extinction dans un contexte de crise écologique et climatique mondiale. Les koalas par exemple, ont déjà disparu d’un tiers depuis l’incendie. L’espèce ne vivant qu’en Australie, le reste de la population va avoir du mal à se reconstruire. Avec des millions d’hectares brûlés, la perte de biodiversité est incalculable.

Crédits photo : AFP/Saeed Khan




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