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Finale de la Ligue des Champions Africaine : Retour sur un fiasco made in foot-business

La finale de la Ligue des Champions Africaine entre le Wydad Casablanca et l'Espérance de Tunis tourne au scandale, à deux semaines de l'ouverture de la Coupe d'Afrique des Nations et alors que le président de la Confédération Africaine de Football a été interpellé à Paris.

jeudi 6 juin

On ne pouvait imaginer pire scénario pour l’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), le 21 juin prochain. En effet, le football africain est aujourd’hui au cœur de la tourmente.

C’est d’abord et avant tout la finale de la Ligue des Champions Africaine entre le Wydad Casablanca et l’Espérance de Tunis qui est au cœur d’un scandale et qui a fait réagir jusqu’au plus haute sphère de l’Etat tunisien. Alors que le match aller du 24 mai dernier avait donné lieu à de vives critiques au niveau de l’arbitrage, a tel point que l’arbitre Egyptien Gehad Grisha a été suspendu pour 6 mois pour avoir validé un but litigieux et crucial pour Tunis, puisque le match s’est terminé sur le score d’un but partout.

Ce 31 mai avait lieu la manche retour, dans le stade de l’Espérance de Tunis. Alors que le club local mène 1 à 0, le Wydad égalise à l’heure de jeu. Un but tout à fait valable, mais qui sera pourtant invalidé par l’arbitre. En de pareilles circonstances, l’arbitrage vidéo (VAR) est désormais consulté. Sauf que le matériel ne fonctionnait pas pour ce match, un problème logistique dû à la société responsable de la VAR pour ce match. Furieux, les joueurs de Casablanca contestent de longues minutes, avant de décider de ne pas reprendre la partie. C’est dans ce contexte que l’Espérance de Tunis est déclarée vainqueur.

Ce 5 juin, coup de théâtre ! La Confédération Africaine de Football (CAF) décide de rejouer le match retour, qui plus est sur terrain neutre et après la CAN ! Une décision qui relance le scandale, provoqué l’ire de l’Espérance de Tunis et du gouvernement tunisien, qui a pris position pour dénoncer la décision de la CAF. L’affaire n’est par ailleurs pas terminée, puisque le club tunisien a annoncé son intention de saisir le tribunal arbitral du sport.

En soi, ce scandale n’était pas la meilleure publicité pour l’ouverture de la CAN. Mais c’est une autre affaire qui entache la CAF. Son président, Ahmad Ahmad, a été interpellé ce jeudi 6 juin dans un hôtel parisien, où il logeait pour assister au congrès de la FIFA. Selon Jeune Afrique, le président de la CAF a été soupçonné de corruption suite à la rupture d’un contrat avec l’équipementier Puma au profit de la société Tactical Steel. Un changement qui aurait été favorisé par la proximité d’Ahmad avec un des dirigeant de l’entreprise française et d’un surcoût qui atteindrait les 830 000 dollars, soit 739 000 euros.

Alors que l’organisation même de la CAN, qui aura lieu en Egypte et devait initialement avoir lieu au Cameroun, avait fait polémique, ces deux nouvelles affaires mettent en lumière les dérives du foot-business. Enjeux politiques et économiques, affaire de corruption, c’est toute la panoplie qui est ici exposé, au détriment de l’intérêt sportif bien évidemment, et au mépris de l’ensemble des fans de football en Afrique.




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