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Mikhaïl Gorbatchev, un des artisans de la restauration capitaliste en URSS, est mort

Hospitalisé à Moscou, Mikhaïl Gorbatchev est décédé ce mardi des suites d’une longue maladie. Il fut Secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l’Union soviétique de 1985 à 1989, puis en prit la présidence jusqu’en 1991. Il fut le « père » des réformes pro-capitalistes de la « perestroïka » et de la « glasnost » en URSS.

jeudi 1er septembre

Alors que l’ensemble de la presse et de la bourgeoisie occidentale rend hommage à Gorbatchev, comme Olaf Scholz qui en fait "un réformateur courageux", ou Joe Biden un "leader rare", cet article publié sur la Izquierda Diario revient sur qui a vraiment été Mikhaïl Gorbatchev : le dernier membre de la bureaucratie soviétique stalinienne, celle-là même qui signé la fin de la révolution russe et assuré la restauration capitaliste.

L’échec du « socialisme dans un seul pays »

Avant Mikhaïl Gorbatchev, le Secrétariat Général de l’URSS fut occupé une courte période par Konstantin Tchernenko, qui avait lui-même succédé à Youri Andropov et à Léonid Brejnev.

Le mandat de ce dernier, ouvert en 1964, fut marqué par la grande stagnation économique et l’affaiblissement de la planification, accompagnés dans le même temps de l’enrichissement de la bureaucratie d’Etat, du renforcement des institutions centrales et d’un retour au culte de Staline. Les conditions de vie de la population se sont considérablement détériorées, surtout à partir de 1970.

Une série d’idées réformatrices commencèrent à être débattues par des administrateurs technocratiques qui se réunissaient régulièrement au sein de la Ligue des jeunes communistes (Konsomol). Ce secteur sera l’audience la plus réceptive à Gorbatchev et le foyer de nombreux hommes d’affaires et politiciens post-communistes.

Les réformes de Gorbatchev

En 1985, Gorbatchev essaya de mener de timides réformes sur certains aspects du système de planification économique pour flexibiliser ses traits centralisateurs. Mais en 1987, le bilan est sans appel : les résultats ne sont pas là, au contraire la croissance économique poursuit sa chute et aggrave la pénurie.

C’est en juillet de la même année qu’il annonça un nouveau programme économique connu sous le nom de « perestroïka » (restructuration, déjà adoptée par le XXVII Congrès du Parti en 1986) qui renforçait l’introduction de mécanismes de marché, c’est-à-dire la transition de l’économie soviétique vers le capitalisme. La loi sur les entreprises d’Etat autorisa ces entreprises à déterminer les niveaux de production selon la demande des consommateurs et des autres entreprises ainsi qu’à négocier le prix de leurs intrants avec leurs fournisseurs.

Dans le même temps, elles devaient s’auto-financer pour couvrir les salaires, les taxes, les fournitures et les probables dettes. Le gouvernement ne secourait plus les entreprises déficitaires, les laissant faire faillite et supprimer des emplois. La planification nationale (Gosplan) ne fonctionnait plus que selon des critères généraux d’investissement national. La même année fut adoptée la loi sur les coopératives, rétablissant la propriété privée des entreprises de services, de quelques usines et de secteurs liées au commerce extérieur. Le monopole du Ministère du Commerce extérieur fut presque supprimé et les ministères de diverses branches industrielles et agricoles furent autorisés à mener leurs propres opérations, sans intervention de la bureaucratie centrale.

Gorbatchev et George Bush

Un autre volet de la réforme fut introduit en 1988. La « glasnost » (transparence, ouverture) était fonctionnelle à l’application de la perestroïka. Octroyant une certaine liberté d’expression (surtout aux secteurs les plus réformateurs de la bureaucratie pour paralyser les conservateurs) ainsi que la liberté religieuse (renforçant le christianisme orthodoxe réactionnaire).

Ces mesures firent passer l’URSS de la stagnation au chaos économique. La suppression de la planification centralisée mena à l’effondrement de la vente au détail et à une pénurie généralisée en produits de base, matérialisée par les longues queues pour acquérir des moyens minimums de subsistance.

Échec des réformes et dissolution de l’URSS

A l’échelle internationale, la défaite du processus révolutionnaire en Pologne (1981) avec l’aide du Pape Jean Paul II, la déroute des travailleurs aéronautiques aux États-Unis (1981 également) sous Reagan, celles des mineurs britanniques (1984) face à Margaret Thatcher, et celle de la guerre des Malouines inaugurèrent l’époque néolibérale d’offensive capitaliste.

Gorbatchev et Margaret Thatcher

Parmi les objectifs figurait la réintégration définitive de l’Europe de l’Est (perdue lors de la Seconde Guerre mondiale) au marché capitaliste. Les États-Unis, avec cet objectif, accélérèrent la course à l’armement avec le projet « Star Wars », ce qui contraignit l’URSS à investir des sommes et des compétences considérables dans cette course, pénalisant d’autant plus son économie.

En 1991, Gorbatchev déclara que la « construction du socialisme » n’était plus possible et qu’une transition rapide vers l’économie de marché, l’intégration du FMI et une « économie ouverte » étaient nécessaires. En décembre de la même année, l’URSS fut dissoute.



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