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Notre-Dame de Paris : des analyses révèlent un taux de plomb 20 fois supérieur à la norme dans un logement parisien

Le taux de plomb est très élevé depuis l'incendie de Notre-Dame inquiète les associations et les habitants depuis quelques temps. Après avoir fermé des établissements pour la rentrée scolaire, des analyses révèlent que les logements sont aussi exposés au danger.

samedi 21 septembre

Des analyses ont été faites sur un appartement parisien à deux kilomètres de Notre-Dame. Les taux de plomb retrouvés sont vingt fois supérieurs à la norme. Il s’agit de 100 000 microgrammes par mètres carrés, au lieu des 5 000 µg/m². Il semble évident que vu la quantité de plomb qui est partie en fumée lors de l’incendie, le secteur soit contaminé. Des alertes ont été lancées. En août, une opération de dépollution et de décontamination a été tentée sur la voie publique. A la rentrée, des écoles ont fermé leur porte à cause du taux de plomb. Le danger est connu, mais il a fallu attendre presque six mois que des analyses soient faites, confirmant le danger que cela représente pour les habitants.

Par ailleurs, les dégâts écologiques sont forcément conséquents. Malgré des lanceurs d’alertes, aucune analyse n’a été faite concernant l’impact de l’incendie sur la biodiversité et l’état de la Seine. Selon Jacky Bonnemains, président de l’association Robin des Bois, la contamination au plomb aurait impacté dangereusement la faune et la flore du fleuve. Selon lui « le plomb ne disparaît pas, il migre et s’incruste dans les sédiments ».

Si l’association espère que ces analyses vont réveiller les pouvoir publics, il ne faut pas se leurrer. On ne peut pas se fier aux institutions pour régler en urgence des problèmes de précarité. Lors d’un point sur l’incendie le 12 septembre, l’ARS (l’Agence Régionale de Santé), partenaire du Ministère de la Santé, a évité la situation en déclarant que la teneur en plomb « pouvait être liée à d’autres sources que l’incendie de la cathédrale Notre-Dame. » comme dans certains immeubles haussmanniens. Pourtant, avant l’incendie, la teneur en plomb la plus haute relevée était de 3000µg/m2, sachant qu’à partir de 5000µg/m2, une opération d’urgence est censée être mise en place pour le logement. Mais on sait bien que les plans relogements ne sont pas la priorité du gouvernement.

A Marseille, la situation est scandaleuse, des centaines de personnes vivent dans la peur d’un écroulement. A Paris, des centaines de personnes risquent une contamination grave. Mais ce n’est pas la priorité du gouvernement : il préfère utiliser la restauration –nécessaire- de Notre-Dame pour faire oublier les autres dossiers.

Crédit photo : Stéphane de Sakutin pour l’Humanité




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